Zusammenfassung des Urteils HC/2020/284: Kantonsgericht
Die Cour d'appel CIVILE hat in einem Urteil vom 30. April 2020 entschieden, dass die Beklagte U.__ dem Kläger P.__ einen Nettobetrag von 9'966 CHF zuzüglich Zinsen schuldet. Zudem muss U.__ dem Kläger einen Bruttobetrag von 1'424 CHF zahlen, ebenfalls mit Zinsen. Des Weiteren muss U.__ dem Kläger ein Arbeitszeugnis gemäss Art. 330a OR ausstellen. Die Gerichtskosten belaufen sich auf 3'000 CHF. Das Gericht entschied, dass U.__ gegenüber P.__ ihre Pflichten verletzt hat und somit das Arbeitsverhältnis nicht rechtmässig beendet hat. Das Gericht stellte fest, dass U.__ nicht alle erforderlichen Massnahmen ergriffen hat, um den Konflikt zwischen P.__ und seinem Arbeitskollegen zu entschärfen. .
| Kanton: | VD |
| Fallnummer: | HC/2020/284 |
| Instanz: | Kantonsgericht |
| Abteilung: | Cour d'appel civile |
| Datum: | 30.04.2020 |
| Rechtskraft: | - |
| Leitsatz/Stichwort: | - |
| Schlagwörter : | Intim; Appel; Appelante; Mentaire; Mentaires; Employ; Rieur; Ration; Employeur; Lappel; Galement; Tabli; Cision; Taient; Entre; Avait; Lappelante; Entreprise; Glement; Sente; Autre; Riode; Clarations; Rieurs; Autorit; Hicule; Selon; Hommes; Aide-garage |
| Rechtsnorm: | Art. 100 LTF;Art. 310 CPC;Art. 311 CPC;Art. 4 CC;Art. 57 CPC;Art. 74 LTF;Art. 8 CC; |
| Referenz BGE: | - |
| Kommentar: | Reusser, Häfeli, Basler Kommentar op. cit., Art. 401, 1900 |
| TRIBUNAL CANTONAL | P318.020589-191799 161 |
cour dappel CIVILE
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Arr?t du 30 avril 2020
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Composition : Mme Giroud Walther, pr?sidente
M. Oulevey et Mme Cherpillod, juges
Greffier : M. Steinmann
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Art. 336 al. 1 let. a CO ; art. 321c al. 2 CO ; art. 330a CO
Statuant sur lappel interjet? par U.__, ? Crissier, dfenderesse, contre le jugement rendu le 1er avril 2019 par le Tribunal de prudhommes de larrondissement de Lausanne dans la cause divisant lappelante davec P.__, ? Chältelaine, demandeur, la Cour dappel civile du Tribunal cantonal considre :
En fait :
A. Par jugement du 1er avril 2019, dont la motivation a ?t? envoy?e aux parties pour notification le 31 octobre 2019, le Tribunal de prudhommes de larrondissement de Lausanne a admis partiellement la demande dpos?e par P.__ le 14 mai 2018 (I), a dit qu?U.__ ?tait reconnue dbitrice de P.__ et lui devait imm?diat paiement de la somme nette de 9'966 fr. 70, avec int?r?ts ? 5% lan ds le 18 mai 2017 (II), a dit qu?U.__ ?tait reconnue dbitrice de P.__ et lui devait imm?diat paiement de la somme brute de 1'424 fr., avec int?r?ts ? 5% lan ds le 1er aoùt 2017 (III), a dit qu?U.__ devait remettre ? P.__ un certificat de travail conforme ? lart. 330a CO dont la teneur ?tait la suivante : ? Nous certifions par le pr?sente que M. P.__, n? le 3 juillet 1962, a travaill? dans notre soci?t? du 1er juillet 2015 au 31 juillet 2017 en qualité daide-garage ? un taux dactivit? de 100%. Les t?ches principales lies ? sa fonction ?taient les suivantes : - nettoyage des vhicules des clients ; remplacement des pneumatiques (nettoyage, montage, ?quilibrage, stockage). Autonome et flexible, M. P.__ a accompli les t?ches qui lui ?taient confies ? notre enti?re satisfaction. Dun caract?re serviable et fiable, il a su entretenir de bonnes relations avec ses coll?gues et ses sup?rieurs. M. P.__ nous quitte ce jour, libre de tout engagement ? notre ?gard, hormis celui du secret professionnel. Nous formulons nos meilleurs v?ux pour la suite de sa carri?re. ? (IV), a dit qu?U.__ devait verser ? P.__ le montant de
3'000 fr. ? titre de dpens (V) et a rendu ledit jugement sans frais (VI).
En droit, les premiers juges ont considr? qu?U.__ navait pas pris toutes les mesures idoines afin de dsamorcer le conflit entre P.__ et son coll?gue de travail A.T.__, de sorte quelle avait commis un manquement ? son obligation de prot?ger la personnalit? de P.__ au sens de lart. 328 CO. Partant, ils ont retenu qu?il ?tait abusif au sens de lart. 336 al. 1 let. a CO de fonder le licenciement de P.__ sur son comportement inadQuadrat envers ses coll?gues, dans la mesure où cette situation avait ?t? rendue possible en raison de linaction de l?employeur. Au vu de la courte dur?e des rapports de travail et de la faute l?g?re dU.__, les magistrats ont considr? qu?il n??tait pas arbitraire de retenir une indemnit? de licenciement abusif en faveur de P.__ correspondant ? deux mois de salaire, soit dun montant de 9'966 fr. 70. Les premiers juges ont en outre estim? qu?U.__ n??tait pas parvenue ? prouver l?existence dun accord de P.__ quant ? la compensation par du temps libre de ses heures suppl?mentaires, de sorte qu?une somme de 1'424 fr. devait lui ätre vers?e ? titre de r?mun?ration dun solde de 51,97 heures suppl?mentaires effectues au jour de son licenciement. Enfin, les magistrats ont jug? que P.__ ?tait fond ? obtenir la modification de son certificat de travail, en ce sens qu?il devait y ätre ajout? qu?il avait donn? enti?re satisfaction ? son employeur et qu?il entretenait ?galement de bonnes relations avec ses coll?gues.
B. Par acte du 3 dcembre 2019, U.__ a interjet? appel contre le jugement susmentionn?, en concluant, sous suite de frais et dpens, ? sa r?forme en ce sens que les conclusions prises par P.__ dans sa demande du 14 mai 2018, modifies lors de laudience du 1er avril 2019, soient rejetes. Subsidiairement, elle a conclu, toujours sous suite de frais et dpens, ? lannulation dudit jugement et au renvoi de la cause ? lautorit? inf?rieure pour nouvelle dcision dans le sens des considrants.
Par r?ponse du 10 janvier 2019, P.__ a conclu, avec suite de frais et dpens, ? ce que lappel soit rejet?, dans la mesure de sa recevabilit?, et ? ce que le jugement entrepris soit confirm?.
C. La Cour d'appel civile retient les faits pertinents suivants, sur la base du jugement compl?t? par les pi?ces du dossier :
1. U.__ (anciennement [...]) est une soci?t? anonyme de droit suisse, inscrite au Registre du commerce du canton de Vaud depuis le 24 juillet 2007, dont le si?ge est ? Crissier et dont le but est le suivant : ? en Suisse et ? l'?tranger, la vente, la revente, l'entretien, la distribution, la promotion et le dveloppement de tout vhicule automobile de sport et autres et de tous produits et accessoires relatifs ? ces vhicules automobiles ?.
2. a) Par contrat de travail du 15 juin 2015, soumis ? la Convention collective de travail des garages du canton de Vaud entr?e en vigueur le 1er juillet 2012, U.__ a engag? P.__ ? compter du 1er juillet 2015 en qualité daide-garage pour une dur?e indtermin?e.
b) Ce contrat de travail pr?voyait un salaire annuel de 59'800 fr. brut, payable en treize mensualit?s de 4'600 francs. Sagissant des heures suppl?mentaires, il stipulait que celles-ci devaient en principe ätre compenses par du temps libre dune dur?e äquivalente, ?tant pr?cis? que si ? une compensation [n??tait] pas possible, les heures suppl?mentaires [seraient] payes ?.
Il ?tait encore pr?vu que ? le R?glement du personnel et ses annexes, le cahier des charges ainsi que le R?glement de la fondation de pr?voyance ? faisaient partie int?grante du contrat de travail.
c) Lart. 20.2 du R?glement du personnel dU.__ pr?voyait notamment ce qui suit :
? (...) Les heures suppl?mentaires seront en principe compenses par du temps libre de m?me dur?e dans le dlai dune ann?e. L?entreprise se r?serve le droit, en lieu et place du cong? compensatoire, de payer les heures additionnelles. ?
3. En qualité daide-garage, P.__ avait essentiellement pour t?che le nettoyage des vhicules des clients et le remplacement des pneumatiques. Il a tout dabord exerc? cette activit? seul au sein du garage Porsche, avant de former un bin?me avec son coll?gue A.T.__.
4. Il nest pas contest? que P.__ a donn? enti?re satisfaction ? son employeur jusqu?en novembre 2016. Interrog?e en qualité de partie, L.__, responsable des ressources humaines dU.__, a ainsi dclar? que jusqu’au mois de novembre 2016, elle navait rien eu ? redire sur le comportement de P.__ et que celui-ci ?tait un collaborateur tr?s poli et tr?s agrable.
Entendu en qualité de t?moin, J.__, qui a travaill? pour U.__ de 2013 ? 2016, a ?galement dcrit P.__ comme quelqu?un de sociable et de bonne humeur. Il a en outre ajout? ne lavoir jamais vu agresser une personne verbalement ou physiquement. Selon ce m?me t?moin, P.__ entretenait de bonnes relations avec ses coll?gues. B.__, anciennement chef datelier dU.__ et sup?rieur dA.T.__ et P.__, a pour sa part indiqu?, lors de son audition en tant que t?moin, que les relations que P.__ entretenait avec ses coll?gues pouvaient ätre qualifies de ? tr?s respectueuses ?, pr?cisant que celui-ci ? s?entendait avec tout le monde ?.
5. a) Plusieurs ?vnements ont ensuite conduit ? la dt?rioration des rapports de travail entre les parties.
Entendu en qualité de partie, P.__ a expliqu? avoir connu des difficult?s avec A.T.__ ds son arriv?e. Il a expos? qu?il reprochait notamment ? A.T.__ de ne pas donner satisfaction dans son travail et de le commander alors qu?il n??tait pas son sup?rieur.
Entendu comme t?moin, A.T.__ a pour sa part dclar? quau dbut de leur relation professionnelle, il entretenait dexcellents rapports de travail avec P.__. Selon A.T.__, leur entente aurait commenc? ? se dt?riorer peu avant larr?t maladie de P.__, survenu au mois de novembre 2016, car les m?dicaments que celui-ci prenait pour son bras le faisaient changer dhumeur.
b) aa) Le 24 novembre 2016, une premi?re altercation verbale a ?clat? entre P.__ et A.T.__. Les circonstances exactes du conflit ainsi que les propos tenus ? cette occasion demeurent flous. L.__ a cependant indiqu? que P.__ lui avait pr?c?demment dclar? qu? ? il nappr?ciait pas qu?A.T.__ lui [donne] des ordres ?. Elle a en outre expos? qu?A.T.__ lui avait expliqu? qu?il avait demand ? comme dhabitude ? ? P.__ de nettoyer une voiture, que celui-ci navait pas appr?ci? et qu?il ?tait parti.
B.__ a pour sa part indiqu? avoir autoris? P.__ ? quitter son poste de travail, car celui-ci avait ?t? affect? par la dispute. Il a ajout? avoir ensuite inform? la direction de cette altercation, ce qu?L.__ a confirm?.
bb) P.__ a ?t? admis aux urgences le 24 novembre 2016. Selon les certificats m?dicaux vers?s au dossier, il a fait l?objet dune incapacit? de travail pour cause de maladie jusqu’au 9 janvier 2017 ? pour un État dpressif ractionnel, d ? la situation professionnelle conflictuelle avec son bin?me ?.
Du 10 janvier 2017 au 18 avril 2017, P.__ a ?t? en incapacit? de travailler pour raison chirurgicale suite ? une op?ration du coude droit. Il a finalement repris son activit? ? 50 % le 18 avril 2017.
cc) A la suite de laltercation du 24 novembre 2016, L.__ a expliqu? avoir recueilli la version des faits dA.T.__, puis avoir t?l?phon? ? la compagne de P.__ pour ?claircir la situation. Aucun avertissement ?crit na cependant ?t? notifi? ? A.T.__ ou ? P.__ cons?cutivement ? cet ?vnement.
c) Lorsque P.__ a repris son activit? ? 50% le 18 avril 2017, il a ?t? affect? par U.__ aupr?s du garage ? Bentley ?. L.__ a expliqu? que cette mesure avait ?t? prise afin de s?parer le bin?me. Elle a toutefois indiqu? que comme P.__ n??tait pas en mesure deffectuer certaines t?ches ? cause de son intervention chirurgicale, U.__ avait ?t? contrainte de le replacer au sein du garage ? Porsche ?, ce qui a ?t? fait le 1er mai 2017.
A.T.__ a pour sa part indiqu? que P.__ avait ?t? transf?r? dans un autre garage afin dätre ?loign? de lui, pr?cisant que P.__ ne le supportait plus et que la direction avait donc pr?f?r? les s?parer. Il a ?galement dclar? que lorsqu?il ?tait revenu au sein du garage Porsche, P.__ avait ?t? affect? ? une autre t?che que la sienne, de sorte qu?ils ne dpendaient plus l?un de lautre et ne formaient plus un bin?me.
Cette version des faits est contest?e par P.__, lequel a indiqu? que son changement daffectation n??tait d quau fait que sa capacit? de travail avait ?t? temporairement rduite.
B.__ a corrobor? les explications de P.__ en dclarant notamment ce qui suit :
? (...) A son retour, puisque sauf erreur il s??tait fait op?rer du bras, il a ?t? mut? au garage BENTLEY, car il travaillait ? 50 %. Chez nous, c??tait en en effet difficile ? ce taux dactivit? parce qu?il y a beaucoup plus de volume chez PORSCHE que chez BENTLEY. Finalement, il est revenu chez PORSCHE lorsqu?il a pass? ? 100 %. Il a repris ses activit?s, telles qu?il les avait avant l?op?ration. Il a donc retrouv? son bin?me A.T.__. Vous me demandez si une dmarche a ?t? prise pour apaiser leurs tensions, je vous r?ponds qu?? ma connaissance, rien na ?t? entrepris dans ce sens (...) ?.
d) aa) Le 9 mai 2017, une seconde altercation verbale a eu lieu entre A.T.__ et P.__. Aux dires de L.__, cette altercation, dont elle a ?t? inform?e le jour m?me par B.__, avait pour cause le fait que A.T.__ aurait demand ? P.__ de dplacer une voiture, ce que ce dernier aurait refus au motif qu?A.T.__ n??tait pas son chef et navait pas dordres ? lui donner.
bb) Du 9 au 15 mai 2017, P.__ a connu une nouvelle p?riode dincapacit? de travail, attest?e par certificat m?dical.
cc) Aucun avertissement ?crit na ?t? signifi? ? P.__ ou ? A.T.__ ? la suite de laltercation du 9 mai 2017. L.__ a toutefois expliqu? avoir demand ? B.__ de signaler ? P.__ le caract?re inadQuadrat de son comportement. Elle a en outre pr?cis? que B.__ lui aurait dit qu?il ? ne pouvait pas travailler avec une personne sur qui il ne pouvait pas compter ?, en ce sens que P.__ se mettait en arr?t maladie apr?s chaque dispute, et qu?il lui aurait demand quand elle pourrait licencier celui-ci.
B.__ a quant ? lui dclar? qu?il s??tait effectivement entretenu s?par?ment avec P.__ et A.T.__ mais qu?il navait pas donn? davertissement, ni pris de mesures particuli?res, car il n?en avait pas le pouvoir. Il a ajout? qu?il avait sugg?r? plusieurs fois ? son directeur dintervenir oralement ou par ?crit mais que celui-ci ne lavait pas fait. B.__ a en outre contest? avoir demand ? L.__ quand P.__ serait licenci?. Il a pr?cis? qu?il navait jamais souhait? qu?un tel licenciement intervienne, ds lors que P.__ travaillait tr?s bien.
e) Le 18 mai 2017, une bagarre a ?clat? entre P.__ et Ie fr?re dA.T.__, B.T.__, ?galement employ? dU.__. Cet ?vnement a ?t? film? par une cam?ra de surveillance. On peut voir sur cet enregistrement B.T.__ sapprocher de P.__ et le bousculer. Entendu en qualité de t?moin, B.T.__ a dclar? avoir pris la dfense de son fr?re A.T.__, car P.__ aurait insult? celui-ci.
6. a) A la suite de laltercation du 18 mai 2017, P.__ a ?t? convoqu? le jour-m?me par la direction et a reu sa lettre de licenciement ? sign?e par L.__ et le directeur dU.__ ? dont il ressortait ce qui suit :
? (...) Faisant r?f?rence ? notre entretien daujourdhui, nous vous confirmons que nous avons dcid de mettre fin ? votre contrat de travail pour le prochain terme, soit le 31 juillet 2017, dans le respect du dlai de cong? de deux mois, conform?ment ? la r?glementation applicable ? votre contrat de travail.
Nous avons toutefois dcid de vous lib?rer de votre obligation de travailler durant votre dlai de cong?. Si vous deviez retrouver un emploi durant le dlai de cong?, le contrat prendra alors immédiatement fin. Nous considrons ?galement votre solde dheures suppl?mentaires et vacances comme prises durant votre p?riode de lib?ration. (...) ?.
b) A.T.__ na pas ?t? sanctionn? suite ? l??vnement du
18 mai 2017. B.T.__ a pour sa part fait l?objet dun avertissement ?crit qui lui a ?t? notifi? le 24 mai 2017.
c) Par courrier de son conseil du 22 juin 2017, P.__ a form? opposition ? son licenciement et a simultan?ment requis que les motifs de celui-ci lui soient communiqu?s.
Par courrier du 30 juin 2017, U.__ a motiv? les raisons du licenciement de P.__ comme il suit :
? (...) Nous vous prions de prendre acte que le licenciement de votre mandant a ?t? motiv? dune part par la qualité de son travail qui ne satisfaisait plus son employeur, mais dautre part et surtout en raison de son comportement agressif et insolent ? l?encontre de ses coll?gues avec qui il a eu, depuis septembre 2016 et malgr? de nombreux avertissements oraux de la part des ressources humaines, de trop nombreuses altercations.
La derni?re en date du 18 mai 2017 a ?t? celle de trop, raison pour laquelle [...] na eu dautre choix que de procder au licenciement de votre mandant. (...) ?.
d) Le 31 juillet 2017, U.__ a dlivr? un certificat de travail ? P.__, dont la teneur ?tait la suivante :
? (...) Nous certifions par la pr?sente que Monsieur P.__, n? le 3 juillet 1962, a travaill? dans notre soci?t? du 1er juillet 2015 au 31 juillet 2017 en qualité daide-garage ? un taux dactivit? de 100%.
Les t?ches principales lies ? sa fonction comprennent notamment :
- Nettoyage des vhicules clients
- Remplacement des pneumatiques (nettoyage, montage, ?quilibrage, stockage)
Dans l?exercice de son activit?, Monsieur P.__ ?tait un collaborateur autonome et flexible. Il nous a donn? satisfaction. Nous tenons par ailleurs ? relever sa serviabilit?. Il a su entretenir de bonnes relations avec ses sup?rieurs.
Monsieur P.__ nous quitte ? ce jour, libre de tout engagement ? notre ?gard hormis celui du secret professionnel. Nous formulons nos v?ux pour la suite de sa carri?re professionnelle (...) ?.
e) ? la fin des rapports de travail, P.__ disposait dun solde de 51,97 heures suppl?mentaires et de 8 jours de vacances.
f) Le 27 aoùt 2017, B.__ a ?tabli une attestation, dans laquelle il a notamment exprim? son enti?re satisfaction quant au travail fourni par P.__. Il a ajout? qu?il navait ? ?t? en aucun cas daccord ? avec le licenciement de P.__ et a certifi? que celui-ci lui avait toujours donn? satisfaction, qu?il avait ?t? respectueux de ses sup?rieurs et tr?s polis, qu?il navait jamais ?t? violent et qu?il avait toujours entretenu une bonne entente avec ses coll?gues et ses sup?rieurs.
Lors de son audition en qualité de t?moin, B.__ a notamment dclar? que P.__ s??tait beaucoup investi, qu?il avait entretenu dexcellentes relations avec tout le monde, que l?on pouvait compter sur lui et qu?il ?tait autonome et flexible, n?h?sitant par exemple pas ? venir travailler le samedi s?il le fallait.
L.__ a quant ? elle indiqu?, sans plus amples pr?cisions, qu?il y aurait eu des r?clamations de clients quant ? la propret? des voitures nettoyes par P.__.
7. a) P.__ a ouvert action contre U.__ par requ?te de conciliation dpos?e le 21 dcembre 2017 devant le Tribunal de prudhommes de larrondissement de Lausanne (ci-apr?s : le Tribunal de prudhommes).
La conciliation, tent?e lors de laudience du 14 f?vrier 2018, nayant pas abouti, une autorisation de procder a ?t? dlivr?e ? P.__.
b) Par demande du 14 mai 2018, P.__ a conclu, sous suite de frais et dpens, ? ce qu?U.__ lui doive imm?diat paiement dun montant net de 14'950 fr. avec int?r?ts ? 5% lan ds le 18 mai 2017 (I), ainsi que dun montant brut de 1'424 fr. avec int?r?ts ? 5% lan ds le 1er aoùt 2017 (II), et ? ce qu?U.__ soit astreinte ? lui dlivrer un certificat de travail dont la teneur ?tait la suivante (III) :
? Certificat de travail
Nous certifions par la pr?sente que Monsieur P.__, n? le 3 juillet 1962, a travaill? dans notre soci?t? du 1er juillet 2015 au 31 juillet 2017 ? un taux dactivit? de 100%.
Engag? en qualité daide-garage, M. P.__ a effectu? les t?ches suivantes :
? Nettoyage des vhicules clients ;
? Remplacement des pneumatiques (nettoyage, montage, ?quilibrage, stockage) ;
Autonome et flexible, M. P.__ a accompli les t?ches qui lui ?taient confies ? notre enti?re satisfaction.
Dun caract?re agrable et courtois, il a su entretenir dexcellentes relations tant avec ses coll?gues quavec ses sup?rieurs.
Nous formulons nos meilleurs v?ux pour la suite de sa carri?re. ?
Par r?ponse du 13 juillet 2018, U.__ a conclu, sous suite de frais et dpens, au rejet des conclusions de la demande dpos?e par P.__.
c) Le Tribunal de prudhommes a tenu une premi?re audience de jugement le 29 janvier 2019. A cette occasion, P.__ et L.__ ont ?t? entendus en qualité de parties. J.__ a en outre ?t? entendu en tant que t?moin. Leurs dclarations ont ?t? r?sumes ci-dessus dans la mesure de leur utilit?.
Une seconde audience de jugement a eu lieu le 1er avril 2019. A cette occasion, B.__, B.T.__ et A.T.__ ont ?t? entendus en qualité de t?moins. Leurs dclarations ont ?t? r?sumes ci-dessus dans la mesure de leur utilit?. Lors de cette audience, P.__ a modifi? la conclusion III de sa demande, en ce sens qu?il ne requ?rait plus la production dun certificat de travail par U.__ mais la modification du certificat de travail dlivr? le 31 juillet 2017.
En droit :
1.
1.1 Dans les affaires patrimoniales, lappel est recevable contre les dcisions finales de premi?re instance pour autant que la valeur litigieuse, au dernier État des conclusions devant lautorit? inf?rieure, soit de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC). Lappel doit ätre introduit dans les trente jours ? compter de la notification de la dcision motiv?e (art. 311 al. 1 CPC).
1.2 En lesp?ce, les motifs du jugement entrepris ayant ?t? notifi?s ? lappelante le 4 novembre 2019, lappel a ?t? interjet? en temps utile. Il est en outre form? par une partie qui a un int?r?t digne de protection (art. 59 al. 2 let. a CPC) contre une dcision finale de premi?re instance dans une cause patrimoniale dont la valeur litigieuse est sup?rieure ? 10'000 francs. Partant, lappel est recevable.
2. L'appel peut ätre form? pour violation du droit ou constatation inexacte des faits (art. 310 CPC). L'autorit? d'appel peut revoir l'ensemble du droit applicable, y compris les questions d'opportunit? ou d'appr?ciation laisses par la loi ? la dcision du juge, et doit le cas ?chant appliquer le droit d'office conform?ment au principe g?n?ral de l'art. 57 CPC. Elle peut revoir l'appr?ciation des faits sur la base des preuves administres en premi?re instance (JdT 2011 III 43 consid. 2 et les r?f?rences).
3.
3.1 Lappelante reproche aux premiers juges davoir considr? que le cong? donn? ? lintim? ?tait abusif.
3.2
3.2.1 Selon lart. 335 CO, le contrat de travail conclu pour une dur?e indtermin?e peut ätre r?sili? par chacune des parties (al. 1). La partie qui donne le cong? doit motiver sa dcision par ?crit si lautre partie le demande (al. 2).
En droit suisse du travail, la libert? de r?siliation pr?vaut de sorte que, pour ätre valable, un cong? na en principe pas besoin de reposer sur un motif particulier. Le droit de chaque cocontractant de mettre unilat?ralement fin au contrat est toutefois limit par les dispositions du cong? abusif (art. 336 ss CO ; ATF 136 III 513 consid. 2.3 ; TF 4A_42/2018 du 5 dcembre 2018 consid. 3.1).
Lart. 336 al. 1 et 2 CO ?num?re des cas dans lesquels la r?siliation est abusive. Est notamment abusif le cong? donn? par une partie pour une raison inh?rente ? la personnalit? de lautre, ? moins que cette raison nait un lien avec le rapport de travail ou ne porte sur un point essentiel un pr?judice grave au travail dans l?entreprise (art. 336 al. 1 let. a CO). Cette disposition protectrice ne sapplique donc pas lorsque le travailleur pr?sente des manquements ou des dfauts de caract?re qui nuisent au travail en commun, sans qu?il y ait ? se demander si de telles caract?ristiques constituent ou non une ? raison inh?rente ? la personnalit? ? au sens de lart. 336 al. 1 let. a CO (ATF 136 III 513 consid. 2.5 ; TF 4A_42/2018 pr?cit? consid. 3.1). Ainsi, s'il est ?tabli qu'une situation conflictuelle sur le lieu du travail, due au caract?re difficile d'un employ?, nuit notablement au travail en commun dans l'entreprise, le cong? donn? ? ce travailleur n'est pas abusif, ? condition toutefois que l'employeur ait pris toutes les mesures que l'on pouvait attendre de lui pour dsamorcer le conflit. Cette exigence repose sur le devoir de l'employeur de prot?ger et de respecter, dans les rapports de travail, la personnalit? de ses travailleurs. L'abus r?side alors dans le fait que l'employeur exploite la propre violation de ses devoirs contractuels (ATF 132 III 115 consid. 2.2 ; TF 4A_42/2018 pr?cit? consid. 3.1). Selon le Tribunal f?dral, agit ainsi l?employeur qui, apr?s avoir laiss? une situation conflictuelle s?envenimer parmi ses salari?s sans prendre les mesures adQuadrates pour latt?nuer, se pr?vaut du fait que lambiance est devenue pr?judiciable au travail dans l?entreprise pour licencier le salari? apparaissant, en raison de son caract?re difficile, comme un fauteur de troubles (TF 4A_130/2016 du 25 aoùt 2016 consid. 2.1).
La question de savoir si l?employeur a pris les mesures n?cessaires pour dsamorcer le conflit avant den arriver ? la r?siliation revient ? examiner si l?employeur sest conform? aux devoirs que lui impose lart. 328 CO (ATF 132 III 115 consid. 2.2 ; ATF 125 III 70 consid. 2c ; TF 4A_158/2010 du 22 juin 2010
consid. 3.2).
3.2.2 En application de lart. 8 CC, la preuve du caract?re abusif dun licenciement incombe en principe ? celui ? qui le cong? a ?t? donn?. En ce domaine, la jurisprudence a cependant tenu compte des difficult?s qu?il pouvait y avoir ? apporter la preuve dun ?l?ment subjectif, ? savoir le motif rel de celui qui a prononc? le licenciement. Selon le Tribunal f?dral, le juge peut pr?sumer en fait l?existence dun cong? abusif lorsque l?employ? parvient ? pr?senter des indices suffisants pour faire apparaätre comme non rel le motif avanc? par l?employeur. Si elle facilite la preuve, cette prsomption de fait na pas pour r?sultat den renverser le fardeau. Elle constitue, en dfinitive, une forme de ? preuve par indices ?
(ATF 130 III 699, JdT 2006 I 193 ; JAR 1996, p. 201 ; SJ 1993 360 consid. 3a ; Wyler/Heinzer, Droit du travail, 4e ?d., pp. 805-806).
3.3
3.3.1 A lappui de son grief, lappelante invoque que le cong? donn? laurait ?t? pour plusieurs motifs, dont principalement le comportement agressif et conflictuel que lintim? aurait eu envers ses coll?gues ds septembre 2016.
3.3.2 Des tensions ne sont av?res quavec A.T.__, puis avec son fr?re, et ce qu?? partir de novembre 2016. Linstruction na pas permis d?tablir le contenu exact des dclarations des uns et des autres lors des trois altercations litigieuses. Les t?moignages recueillis ont en revanche ?tabli que lintim? entretenait de bonnes relations avec ses autres coll?gues et avait bon caract?re.
Sagissant plus pr?cis?ment dA.T.__, il r?sulte de la procédure que ce dernier et lintim? ?taient cens?s travailler en bin?me, sans qu?un rapport de subordination de l?un sur lautre nait ?t? ?tabli. Aucun deux n??tait ainsi cens? donner dinstruction ? lautre, et notamment se permettre de r?partir les t?ches, plus ou moins ingrates, entre eux. Il leur incombait de s?entendre. Or il r?sulte de laudition de la responsable des ressources humaines de lappelante, L.__, que les tensions entre eux r?sultaient principalement du fait qu?A.T.__ donnait des ordres ? lintim?, ce dont L.__ avait ?t? inform?e par ce dernier avant le 24 novembre 2016. L.__ a ?galement attest? que la premi?re altercation, survenue ? cette date, r?sultait du fait qu?A.T.__ avait demand ? lintim? ? comme dhabitude de nettoyer une voiture ?, ordre que lintim? avait refus dex?cuter. La pr?nomm?e a ?galement attest? que la seconde altercation, le 9 mai 2017, ?tait aussi due selon les informations qui lui avaient ?t? rapportes au fait qu?A.T.__ continuait ? donner des ordres ? lintim?, alors que ? comme ce dernier le soulignait encore ? il n??tait pas son chef. Enfin, sagissant de la troisi?me altercation, avec B.T.__, fr?re de A.T.__, les versions sur ce qui sest dit divergent de sorte qu?il ne peut rien en ätre retenu. Par contre, l?enregistrement vido de celle-ci, sans son, montre B.T.__ bousculer lintim?.
Dans ces conditions, force est de constater qu?il nest pas ?tabli que les tensions existant entre A.T.__, B.T.__ et lintim? ?taient imputables ? ce dernier.
La Cour de cans constate ?galement que lappelante na rien entrepris pour calmer ces tensions quelle connaissait pourtant par sa responsable des ressources humaines ? signataire de la lettre de r?siliation ? avant novembre 2016 dj?, soit avant la premi?re altercation. Lappelante soutient avoir demand ? B.__ de notifier un avertissement ? lintim?. B.__ conteste cependant lavoir fait, indiquant qu?il n?en avait dailleurs pas le pouvoir mais qu?il avait demand ? la direction de lappelante de prendre des mesures en ce sens. Celle-ci savait donc quaucun avertissement navait ?t? donn? ? lintim? par son sup?rieur direct ; elle nindique pas, encore moins n??tablit en avoir donn? un elle-m?me. Au demeurant, au vu de l?origine des tensions, ce n??tait pas ? lintim? qu?un tel avertissement aurait d ätre donn?. Lappelante aurait en effet d, ds lors que lintim? n??tait pas subordonn? ? A.T.__, remettre ce dernier ? l?ordre au lieu de cautionner son comportement, comme en atteste les dclarations de sa responsable des ressources humaines. Il appartenait en outre ? lappelante dinstruire B.__ ? sup?rieur hi?rarchique du bin?me ? de veiller ? une r?partition ?quitable du travail entre lintim? et A.T.__, en intervenant si l?un deux le lui demandait. Or elle na pas proc?d ? de telles mesures, laissant ainsi les rapports s?envenimer et couvrant le comportement incorrect du bin?me de lintim?. Lappelante na pas non plus tent? de calmer les tensions en s?parant le bin?me. Alors que lintim? avait ?t? absent suite ? une op?ration du coude durant plusieurs mois, elle la certes plac? ? son retour dans un autre garage. Elle la toutefois remis, ? peine deux semaines plus tard et sans aucune autre mesure, non seulement dans le m?me garage qu?A.T.__, mais en bin?me avec celui-ci. On voit mal dcision plus inadQuadrate. De plus, le fait quelle nait jamais averti A.T.__ qu?il ne pouvait donner dordre ? lintim? a probablement conduit celui-ci ? se sentir confort? dans une telle attitude et ? continuer de ladopter, ce qui ne pouvait quaccroätre les tensions, connues de lappelante, entre les deux hommes.
3.3.3 Dans ces conditions, force est de constater non seulement que la situation conflictuelle n??tait pas due ? lintim? ? dont rien na ?tabli le caract?re difficile ? mais qu?en outre, lappelante na pris aucune mesure pour dsamorcer les tensions existantes, cautionnant au contraire le comportement dA.T.__ aupr?s de lintim? notamment et replaant les deux hommes, alors qu?ils avaient ?t? s?par?s, en bin?me. Ce faisant, lappelante a viol? son obligation de prot?ger la personnalit? de lintim?, pr?vue par lart. 328 CO. Elle ne saurait dans ces conditions motiver de mani?re non abusive le licenciement donn? ? ce dernier en invoquant de telles tensions.
3.4
3.4.1 Lappelante fait ?galement valoir que le licenciement aurait ?t? donn? du fait de la baisse de qualité du travail de lintim?. Elle reproche ? lautorit? pr?cdente de navoir pas constat? celle-ci.
3.4.2 En lesp?ce, aucune pi?ce natteste dune quelconque baisse de la qualité du travail fourni par lintim?. B.__, qui en tant que sup?rieur hi?rarchique direct de lintim? ?tait la personne la plus ? m?me de constater la qualité du travail de ce dernier, a au contraire dclar? que celle-ci ?tait tr?s bonne et ce jusqu?? la fin de la collaboration.
Lors de son audition, la responsable des ressources humaines de lappelante a certes invoqu? qu?il y aurait eu des r?clamations au sujet de la propret? des voitures. Au vu de la position de cette personne, il appara?t tout dabord tr?s peu probable que celle-ci les ait constates directement, ce quelle ne pr?tend au demeurant pas. Les dclarations de L.__ sont ainsi peu propres ? dmontrer la ralit? du fait invoqu?. De telles r?clamations, ?voques uniquement par la repr?sentante de lappelante en procédure, ne sont au demeurant aucunement ?tayes et de plus tr?s vagues. On ignore notamment quand elles auraient ?t? faites, par qui et ? combien de reprises. Elles sont de plus manifestement inconnues du sup?rieur de lintim?, B.__, au vu des dclarations qui pr?cdent. Elles ne sauraient ds lors ätre considres comme ?tablies, encore moins propres ? dmontrer que peu avant le licenciement de lintim?, la qualité du travail de ce dernier aurait baiss?. Le fait que la responsable des ressources humaines nait jamais invoqu? avoir discut? de ces pr?tendus probl?mes avec lintim? finit de convaincre de leur caract?re inexistant, ? tout le moins sans cons?quence.
Quant ? laudition dA.T.__, vu les rapports entre celui-ci et lintim?, elle ne saurait avoir sur ce point une quelconque port?e probante et attester de probl?me de qualité dans le travail de lintim?.
Au vu de ces ?l?ments, la Cour de cans retient que la baisse de la qualité du travail de lintim? na pas ?t? ?tablie. Partant, elle ne saurait justifier le cong? donn?.
3.5
3.5.1 Dans son appel, lappelante justifie encore le cong? litigieux par les nombreuses absences de lintim? qui auraient risqu? (cf. appel, p. 5 1?re ligne) dentraver la bonne marche de l?entreprise.
3.5.2 La Cour de cans rel?ve tout dabord qu?enjointe de donner les motifs du cong?, lappelante a mentionn?, le 30 juin 2017, deux motifs mais non les absences de lintim?, ce qui fragilise dj? la v?racit? dun tel motif et son caract?re causal pour le licenciement.
Lappelante indique quelle aurait licenci? lintim?, du fait de ses absences, ? la demande de son sup?rieur direct, B.__. Celui-ci a toutefois express?ment contest? avoir fait une telle demande, qui nest pour le surplus ?tablie par aucun ?l?ment probant. Quant au fait que lappelante aurait pris la dcision de licencier lintim? le 9 mai 2017, il est infirm? par le courrier de lappelante du 30 juin 2017, dans lequel celle-ci indique avoir pris cette dcision le 18 mai 2017 seulement, ? la suite de laltercation entre lintim? et B.T.__. On observe au demeurant que si lappelante avait voulu se s?parer de lintim? ? cause de ses absences comme elle le pr?tend, elle aurait logiquement pris cette dcision lorsque lintim? est revenu au travail ? la suite de son cong? postop?ratoire le 18 avril 2017. Or au lieu dy procder, elle a dcid ? cette date de placer lintim? dans un autre garage, puis la replac? le 1er mai 2017 dans le garage où il travaillait auparavant. Lintention de lappelante de licencier lintim? le 9 mai 2017 nest ainsi pas ?tablie, pas plus que le motif ?voqu? qui laurait justifi?, soit la bonne marche de l?entreprise qui aurait risqu? dätre entrav?e par les absences de lintim?. Il ne sagit ainsi pour la Cour de cans que dun pr?texte invoqu? en cours de procédure seulement et visant ? tenter de justifier r?trospectivement le licenciement.
On rel?vera encore que sur une p?riode dactivit? allant du 1er juillet 2015 au 18 mai 2017, linstruction na ?tabli que trois p?riodes dabsence, toutes dment justifies par des certificats m?dicaux que lappelante na pas remis en question. En outre, ? lexception de celle suivant une op?ration du coude, ces absences ?taient directement lies aux tensions existant au sein de l?entreprise. Or au vu de ce qui pr?c?de (cf. supra consid. 3.3), lappelante ne saurait invoquer, sans violer lart. 336 al. 1 let. a CO, les ? nombreuses absences de lintim? ? pour motiver le licenciement ds lors que toutes sauf une ?taient dues aux altercations en son sein, quelle connaissait les tensions existantes, qui n??taient pas dues au caract?re de lintim?, et quelle na rien fait pour les dsamorcer, bien au contraire.
3.6 Au vu de ces ?l?ments, le cong? donn? ?tait bien abusif et lappel doit ätre rejet? sur ce point.
4.
4.1 Lappelante conteste la quotit? de lindemnit? de licenciement abusif, correspondant ? deux mois de salaire, qui a ?t? allou?e ? lintim?. Elle soutient notamment que les premiers juges auraient omis de tenir compte ? cet ?gard de la faute concomitante de lintim?, lequel aurait fait preuve dun caract?re irritable, dun comportement insolent et aurait eu une raction inadQuadrate lors de laltercation avec B.T.__.
4.2 Aux termes de l'art. 336a al. 2 CO, l'indemnit? pour licenciement abusif est fix?e par le juge, compte tenu de toutes les circonstances.
Pour fixer lindemnit? au sens de l'art. 336a CO, le juge jouit dun large pouvoir dappr?ciation (cf. art. 4 CC) qui nest limit que dans la mesure où il ne peut allouer au maximum qu?un montant correspondant ? six mois de salaire
(TF 4A_194/2011 du 5 juillet 2011 consid. 7.2 ; ATF 119 II 157 consid. 2a, JdT 1994 I 293). Selon la jurisprudence, il faut notamment prendre en considration dans ce cadre la gravit? de la faute commise par l'employeur, une ?ventuelle faute concomitante du travailleur, la gravit? de l'atteinte ? sa personnalit?, son ?ge, la dur?e et l'intensit? de la relation de travail, les effets du licenciement et les difficult?s de rinsertion dans sa vie ?conomique (ATF 123 III 391 consid. 3, JdT 1998 I 126 ; ATF 123 III 246 consid. 6a, JdT 1998 I 300 ; TF 4A_31/2017 du 17 janvier 2018 consid. 3).
4.3 En lesp?ce, compte tenu des circonstances ? ? savoir de linaction de lappelante malgr? les informations dont elle disposait, des diff?rentes altercations qui ont eu lieu, des absences pour cause de maladie que ces altercations ont causes, de la dcision de lappelante de replacer lintim? pr?cis?ment avec la personne dont la collaboration avait caus les arr?ts maladies ? la mani?re de faire de lappelante appara?t profondment bl?mable. Alors m?me quelle avait connaissance des tensions existant entre lintim? et A.T.__, la responsable des ressources humaines de lappelante a dabord omis dagir, puis a sanctionn? celui qui subissait la situation, soit lintim?. Quant ? la pr?tendue faute concomitante de lintim? li?e ? son comportement et son caract?re, celle-ci nest nullement ?tablie, ? tout le moins pas dans une mesure qui justifierait une quelconque rduction de lindemnit? pour licenciement abusif allou?e par les premiers juges. Comme indiqu? pr?c?demment, linstruction a permis d?tablir que lintim? entretenait de bonnes relations avec la plupart de ses coll?gues ainsi quavec ses sup?rieurs, qu?il avait bon caract?re et ?tait respectueux. On ne saurait retenir le contraire sur la seule base des dclarations d A.T.__ et de son fr?re B.T.__, celles-ci ?tant dnues de force probante sur ce point au vu du conflit existant entre eux et lintim?. Au demeurant, il convient ? nouveau de relever, sagissant de la raction de lintim? lors de laltercation survenue le 18 mai 2017, que l?enregistrement vido de celle-ci montre B.T.__ bousculer lintim? et non linverse. Dans ces conditions, la quotit? de lindemnit? de licenciement abusif prononc?e ne pr?te pas le flanc ? la critique.
Lappel doit donc ?galement ätre rejet? sur ce point.
5.
5.1 Lappelante, tout en admettant que lintim? disposait ? la fin des rapports de travail de 51,97 heures suppl?mentaires, reproche ? lautorit? de premi?re instance de ne pas avoir retenu que ces heures pouvaient ätre indemnises en nature, durant le dlai de cong? de plus de deux mois et alors que lintim? avait ?t? lib?r? de son obligation de travailler.
5.2 Aux termes de lart. 321c CO, si les circonstances exigent des heures de travail plus nombreuses que ne le pr?voit le contrat ou l?usage, un contrat-type de travail ou une convention collective, le travailleur est tenu dex?cuter ce travail suppl?mentaire dans la mesure où il peut s?en charger et où les r?gles de la bonne foi permettent de le lui demander (al. 1). L?employeur peut, avec laccord du travailleur, compenser les heures de travail suppl?mentaires par un cong? dune dur?e au moins ?gale, qui doit ätre accord au cours dune p?riode appropri?e
(al. 2). S?il est n?cessaire, laccord du travailleur nest subordonn? ? aucune exigence de forme : il peut ätre tacite ou conclu ? lavance, inclus dans le contrat individuel de travail ou dans une convention collective (Wyler/Heinzer, op. cit.,
p. 151).
M?me si le contrat de travail a ?t? r?sili?, l?employeur ne peut imposer au travailleur, sans son consentement, la compensation des heures suppl?mentaires pendant la p?riode de lib?ration de l?obligation de travailler ; le consentement ? cette compensation en nature peut cependant, l? ?galement, trouver sa source dans le contrat ou le r?glement dentreprise auquel celui-ci renvoie, de sorte qu?il n?y a pas dans ce cas ? rechercher un nouveau consentement. Par ailleurs, si la p?riode de lib?ration de l?obligation de travailler se prolonge, et en labsence daccord ? ce sujet, le refus du travailleur de compenser ses heures suppl?mentaires peut ätre constitutif dun abus de droit. Si le contrat est r?sili? par l?une ou lautre des parties, le travailleur doit toutefois b?n?ficier du temps n?cessaire pour rechercher un nouvel emploi, en vertu de lart. 329 al. 3 CO. Le temps qui doit ätre accord ? la recherche dun nouvel emploi est usuellement dune demi-journ?e par semaine ; la compensation des heures suppl?mentaires n?entre alors pas en ligne de compte durant le temps consacr? ? cette recherche. En effet, on ne peut exiger sans autre du travailleur qu?il affecte ses heures suppl?mentaires ? une telle recherche demploi. Pareille obligation ne r?sulte pas davantage du devoir de diligence ou de fidlit? (Wyler/Heinzer, op. cit., pp. 151 et 152 et les r?f?rences cites, notamment ATF 123 III 84, JdT 1998 I 121).
5.3 En lesp?ce, le contrat de travail liant les parties pr?voyait que les heures suppl?mentaires devaient ätre en principe compenses par du temps libre dune dur?e äquivalente ; si une compensation n??tait pas possible, elles devaient ätre payes. Ce contrat indiquait en outre que le r?glement du personnel de lappelante ?tait applicable et faisait partie int?grante du contrat. Lintim? a produit ce r?glement ? lappui de sa demande. Il s?y est r?f?r? express?ment ? plusieurs reprises, notamment ? sa clause 20.1 r?gissant la dur?e du travail (all. 11). Dans ces conditions, celui-ci et son contenu lui sont clairement opposables. Or la clause pr?vue au ch. 20.2 de ce r?glement stipule ?galement que ? Les heures suppl?mentaires seront en principe compenses par du temps libre de m?me dur?e dans le dlai dune ann?e. L?entreprise se r?serve le droit, en lieu et place du cong? compensatoire, de payer les heures additionnelles ?. Que ce soit la disposition contractuelle pr?cit?e ou celle r?glementaire, ces dispositions, proposes par lappelante et acceptes par lintim?, constituent un accord suffisant au sens de
lart. 321c al. 2 CO, de sorte que lappelante ?tait en droit de compenser les heures suppl?mentaires effectues par un cong? de dur?e au moins ?gal, cela m?me apr?s le cong? donn?.
Lintim? a dispos? dun dlai de cong? de plus de onze semaines durant lequel il a ?t? lib?r?, ds le licenciement, de son obligation de travailler. Dans ces conditions, il n??tait pas excessif dexiger qu?il prenne durant cette p?riode ? soit cinquante-cinq jours ouvrables ? au plus six jours et demi pour compenser les heures suppl?mentaires effectues. La lettre de licenciement pr?voyait certes la prise du solde de vacances durant le dlai de cong?. Lintim? na toutefois ni invoqu?, ni dmontr? que ce solde ?tait si important qu?il rendrait inacceptable pour lui de prendre durant le temps restant les heures suppl?mentaires pr?cites en nature tout en cherchant un travail. Dans ces circonstances, sa demande en paiement en esp?ce des heures suppl?mentaires ?tait infonde.
Lappel doit donc ätre admis sur ce point et le jugement entrepris modifi? en cons?quence.
6.
6.1 Lappelante conteste deux mentions que lautorit? pr?cdente a fait ajouter dans le certificat de travail pr?par? par elle pour lintim?.
6.2
6.2.1 Elle conteste dune part l?obligation qui lui a ?t? faite par les premiers juges de modifier la mention que lintim? avait effectu? les t?ches qui lui avaient ?t? confies ? ? la satisfaction ? de l?employeur, par ? ? l?enti?re satisfaction ? de l?employeur.
6.2.2 L?employeur a en principe le choix de la formulation du certificat de travail et il lui est loisible dadopter un style concis plut?t qu?emphatique. Litt?ralement, il n?existe pas de diff?rence de signification notable entre ? notre satisfaction ? et ? notre enti?re satisfaction ?. De la sorte, selon le Tribunal f?dral, un tribunal ne viole pas le droit applicable en s?en tenant au libell? que l?employeur proposait (TF 4A_137/2014 du 10 juin 2014 consid. 4).
6.2.3 Au vu de la jurisprudence qui pr?c?de, les premiers juges auraient d s?en tenir aux termes propos?s par lappelante, soit que lintim? avait effectu? les t?ches qui lui avaient ?t? confies ? ? la satisfaction ? de l?employeur, sans lastreindre sur ce point ? une modification de son texte.
Lappel doit ätre admis ? cet ?gard et le jugement entrepris modifi? en cons?quence.
6.3
6.3.1 Lappelante requiert ?galement la suppression de la mention impos?e par lautorit? pr?cdente que lintim? entretenait de bonnes relations avec ses coll?gues.
6.3.2 Au vu des preuves r?coltes durant linstruction, ce fait est av?r? et pouvait ätre constat? dans le certificat de travail. En effet, tant B.__ que J.__ ont dcrit lintim? comme ?tant quelqu?un de courtois, polis et sociable qui entretenait de bonnes relations avec ses coll?gues. On ne saurait retenir le contraire sur la seule base du conflit survenu avec A.T.__, puis de la bagarre subs?quente avec B.T.__, les dclarations faites par ces derniers quant au caract?re de lintim? et ? ses relations avec le personnel de lappelante n??tant pas probantes compte tenu de la situation conflictuelle qui r?gnait entre les employ?s pr?nomm?s. On rel?vera en outre que ces conflits ont ?galement ?t? engendr?s par les manquements de l?employeur, en particulier quant ? son devoir de protection de la personnalit? de l?employ? (art. 328 CO), et qu?il nincombe pas ? lintim? de subir les cons?quences de tels manquements.
Il s?ensuit que le grief est infond et que lappel doit ätre rejet? sur ce point.
7. En dfinitive, lappel doit ätre partiellement admis et le jugement attaqu? modifi? dans le sens des considrants qui pr?cdent.
Larr?t sera rendu sans frais judiciaires de deuxi?me instance, sagissant dun litige portant sur un contrat de travail dont la valeur litigieuse n?exc?de pas 30'000 fr. (art. 114 let. c CPC).
Au final, lappelante se voit condamnere ? verser non pas 70% mais 60% des montants r?clam?s par lintim? en premi?re instance (9'966 fr. 70 sur 16'374 fr.) et ? op?rer une seule des deux modifications du certificat de travail requises par celui-ci. Il se justifie ds lors de rduire les dpens mis ? sa charge en premi?re instance de 3'000 fr. ? 2'800 francs.
La charge des dpens de deuxi?me instance est ?valu?e ? 2'000 fr. (art. 7 TDC) pour chaque partie. En appel, lappelante sollicitait le rejet de la demande. Elle n?obtient que la rduction de 12% (1'424 fr. / 11'390 fr. 70 x 100) des sommes quelle avait ?t? condamnere en premi?re instance ? payer ? lintim?. Elle succombe ?galement sur l?un des deux griefs en rapport avec le certificat de travail. Dans ces conditions, il se justifie dallouer ? lintim?, ? la charge de lappelante, apr?s compensation, 1'600 fr. ? titre de dpens de seconde instance (9/10 de 2'000 fr. ? 1/10 de 2'000 fr.).
Par ces motifs,
la Cour dappel civile
prononce :
I. Lappel est partiellement admis.
II. Le jugement du 1er avril 2019 est modifi? comme il suit :
III. supprim?.
IV. Dit qu?U.__ remettra ? P.__ un certificat de travail conforme ? lart. 330a CO dont la teneur est la suivante :
? Nous certifions par la pr?sente que M. P.__, n? le 3 juillet 1962, a travaill? dans notre soci?t? du 1er juillet 2015 au 31 juillet 2017 en qualité daide-garage ? un taux dactivit? de 100%.
Les t?ches principales lies ? sa fonction ?taient les suivantes :
- nettoyage des vhicules des clients ;
remplacement des pneumatiques (nettoyage, montage, ?quilibrage, stockage).
Autonome et flexible, M. P.__ a accompli les t?ches qui lui ?taient confies ? notre satisfaction. Dun caract?re serviable et fiable, il a su entretenir de bonnes relations avec ses coll?gues et ses sup?rieurs. M. P.__ nous quitte ce jour, libre de tout engagement ? notre ?gard, hormis celui du secret professionnel.
Nous formulons nos meilleurs v?ux pour la suite de sa carri?re. ?
V. Dit qu?U.__ versera ? P.__ un montant de 2'800 fr. (deux mille huit cents francs) ? titre de dpens.
Le jugement est confirm? pour le surplus.
III. Il nest pas peru de frais judiciaires de deuxi?me instance.
IV. U.__ doit verser ? P.__ la somme de 1'600 fr. (mille six cents francs) ? titre de dpens de deuxi?me instance.
V. Larr?t est ex?cutoire.
La pr?sidente : Le greffier :
Du
Le pr?sent arr?t, dont la r?daction a ?t? approuv?e ? huis clos, est notifi? ? :
Me L?onie Spreng (pour U.__),
Me V?ronique Perroud (pour P.__),
et communiqu?, par l'envoi de photocopies, ? :
Mme la Vice-Pr?sidente du Tribunal de prudhommes de larrondissement de Lausanne.
La Cour dappel civile considre que la valeur litigieuse est sup?rieure ? 15'000 francs.
Le pr?sent arr?t peut faire l'objet d'un recours en mati?re civile devant le Tribunal f?dral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal f?dral ? RS 173.110), le cas ?chant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires p?cuniaires, le recours en mati?re civile n'est recevable que si la valeur litigieuse s'?l?ve au moins ? 15'000 fr. en mati?re de droit du travail et de droit du bail ? loyer, ? 30'000 fr. dans les autres cas, ? moins que la contestation ne soul?ve une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent ätre dpos?s devant le Tribunal f?dral dans les trente jours qui suivent la pr?sente notification (art. 100 al. 1 LTF).
Le greffier :
Bitte beachten Sie, dass keinen Anspruch auf Aktualität/Richtigkeit/Formatierung und/oder Vollständigkeit besteht und somit jegliche Gewährleistung entfällt. Die Original-Entscheide können Sie unter dem jeweiligen Gericht bestellen oder entnehmen.
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