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Urteil Kantonsgericht (VD)

Zusammenfassung des Urteils 2015/971: Kantonsgericht

> Ein Berufskraftfahrer, der wegen Alkohol am Steuer verurteilt wurde, ist nicht arbeitsunfähig, wenn er weiterhin in der Lage ist, seine Arbeit ohne Gefährdung von sich und anderen auszuführen. Die Details des Urteils: > Der Versicherte, ein Berufskraftfahrer, wurde wegen Alkohol am Steuer verurteilt. Er legte daraufhin bei seiner Versicherung einen Antrag auf Leistung aus der Invalidenversicherung (IV) ein. Die Versicherung lehnte den Antrag ab, da sie der Ansicht war, dass der Versicherte wegen seiner Alkoholproblematik arbeitsunfähig sei. > Das Versicherungsgericht gab der Versicherung Recht. Das Gericht kam zum Schluss, dass der Versicherte zwar alkoholabhängig sei, aber dennoch in der Lage sei, seine Arbeit ohne Gefährdung von sich und anderen auszuführen. Der Versicherte habe sich nach seiner Verurteilung einer Therapie unterzogen und sei seitdem abstinent. Er habe zudem einen Fahrausweis für Fahrzeuge mit einem zulässigen Gesamtgewicht von bis zu 3,5 Tonnen erhalten. > Das Urteil ist rechtskräftig.

Urteilsdetails des Kantongerichts 2015/971

Kanton:VD
Fallnummer:2015/971
Instanz:Kantonsgericht
Abteilung:Sozialversicherungsgericht
Kantonsgericht Entscheid 2015/971 vom 19.12.2017 (VD)
Datum:19.12.2017
Rechtskraft:-
Leitsatz/Stichwort:-
Schlagwörter : Ation; Assur; Expert; Tation; Expertis; Activit; Tique; Pressif; Adaptation; Compens; Sente; Decin; Monsieur; Tention; Nralis; Dresse; Rapeutique; Attention; Dical; Vrier; Pisode; THADA; Cision; Expertise; Ments; Compensation; Lment; Galement; Anxit; Ration
Rechtsnorm:Art. 100 LTF;Art. 123 CPC;Art. 18 LP;Art. 49 LP;Art. 55 LP;Art. 6 LP;Art. 60 LP;Art. 7 LP;Art. 8 LP;
Referenz BGE:-
Kommentar:
-

Entscheid des Kantongerichts 2015/971

COUR DES ASSURANCES SOCIALES

___

Arr?t du 13 novembre 2017

__

Composition : Mme Di Ferro Demierre, pr?sidente

Mme Thalmann, juge, et M. K?ng, assesseur

Greffi?re : Mme Mestre Carvalho

*****

Cause pendante entre :

et

___

Art. 6, 7 et 8 LPGA; art. 4 LAI.


E n f a i t :

A. D.__ (ci-apr?s: l’assur?), n? en 1966, p?re d’un fils aujourd’hui majeur, s’est vu dlivrer un permis poids lourds? en 1998, un permis remorque? en 2000, un permis car? en 2002 et un permis cariste? en 2004. Selon les pi?ces du dossier et en particulier l’extrait de son compte individuel, il a ?uvr? pour le compte de plusieurs employeurs tout au long de son parcours professionnel, essentiellement en tant que chauffeur poids lourds depuis 1999. C’est ? ce titre qu’il a ?t? engag? le 1er mars 2010 par l’entreprise F.__ SA. Apr?s avoir licenci? l’assur? pour le 30 septembre 2010 considrant que ce dernier ne correspondait plus aux exigences (cf. questionnaire de l’employeur du 16 juin 2011 ch. 2.2), cette entreprise a compl?t? un formulaire de dtection pr?coce le 19 novembre 2010, signalant que l’int?ress? s’?tait trouv? en incapacit? totale de travail ds le 26 juillet 2010 sans en avoir communiqu? le motif. A ce formulaire ?taient notamment annex?s diff?rents certificats m?dicaux attestant une enti?re incapacit? de travail durant la p?riode du 26 juillet au 30 septembre 2010.

Dans le cadre d’un entretien de dtection pr?coce avec une collaboratrice de l’Office de l'assurance-invalidit? pour le canton de Vaud (ci-apr?s: l’OAI) en date du 20 janvier 2011, l’assur? a indiqu? que son arr?t de travail ?tait la cons?quence d’une dpression, d’une perte de poids importante, ainsi que de diarrhes et de fatigue chroniques; il a pr?cis? souffrir d’une nervosit? excessive ainsi que de diarrhes depuis cinq ? six ans et avoir ?t? licenci? pour cause d’absent?isme maladie (cf. rapport d’?valuation du 21 janvier 2011). Le 11 f?vrier suivant, l’int?ress? a dpos? une demande de prestations de l’assurance-invalidit? (AI) faisant mention d’une dpression et de gros probl?mes de nervosit?.

Le 24 f?vrier 2011, le Dr L.__, chef de clinique adjoint ? l’Unit? de psychiatrie ambulatoire (ci-apr?s: UPA) d’I.__, a ?crit ? l’OAI pour expliquer que la prise en charge de l’assur? en ?tait ? son dbut, soit dans la phase d’?valuation, et qu’il ne lui ?tait possible de s’exprimer quant aux limitations fonctionnelles sur le long terme, ?tant soulign? que des arr?ts de travail ponctuels avaient ?t? ?tablis sur vingt jours en aoùt 2010, durant tout le mois de septembre 2010, ainsi que du 19 novembre au 3 dcembre 2010. A cet ?crit ?taient annex?s les documents suivants:

- un rapport de consultation ambulatoire ?tabli le 13 aoùt 2010 par le Dr Z.__, chef de clinique adjoint ? l’UPA d’I.__, exposant notamment que l’assur? pr?sentait une symptomatologie anxio-dpressive d’intensit? moyenne/s?v?re avec une personnalit? ? traits pathologiques dans un contexte professionnel et familial compliqu, retenant les diagnostics d’?pisode dpressif moyen avec syndrome somatique (F32.11) et de trouble de la personnalit? anankastique (F60.5) probable, et pr?cisant ?galement qu’il avait ?t? conseill? au patient de prendre correctement le traitement de Cipralex prescrit, l’int?ress? prenant un demi-comprim? par jour ? la place d’un comprim?;

- un rapport r?dig? le 6 janvier 2011 par le Dr L.__, indiquant notamment ce qui suit:

"Anamn?se actuelle

Le dbut de la crise actuelle peut ätre situ? au mois de septembre 2010 où M. D.__ est licenci? de son poste de chauffeur poids-lourd, selon lui en raison de maladie. Depuis cet ?pisode, il dcrit une symptomatologie anxio-dpressive. Il se plaint d’une perte de l’?lan vital, se sent fatigu, se questionnant sur le sens de la vie, n’ayant plus goùt ? rien et ne voyant pas d’am?lioration par le Cipralex qui a ?t? progressivement augment? ? 20mg.

Au niveau des ant?cdents psychiatriques, nous notons une unique consultation ? l’UPA d’U.__ en 2007 et le dbut de ce suivi intermittent, d’abord par le Dr Z.__ puis par moi-m?me (Dr L.__) depuis septembre 2010.

[ ]

Status

Patient [ ] cachectique (48kg) [ ] montrant un comportement psychomoteur nerveux [ ]. Le contact est facile et agrable. Il n’a pas de trouble du cours et du contenu de la pens?e. Le discours est l?g?rement acc?l?r, mais sans particularit?. Pas de trouble des perceptions. Pas de trouble du moi, pas de dlire. On constate une anh?donie, une aboulie, une perte de l’?lan vital, des troubles du sommeil, des ides noires avec des idations suicidaires plut?t passives (ides de fatalit?), sans idation suicidaire active ou sc?nario de passage ? l’acte. Pas de trouble du comportement alimentaire. Anxi?t? li?e ? sa situation professionnelle et ? sa situation par rapport ? son fils.

Impression diagnostique

Episode dpressif moyen avec syndrome somatique

Diagnostic diff?rentiel

Trouble anxieux g?n?ralis?

Trouble de l’adaptation dans un contexte de personnalit? anankastique (obsessionnelle)

Difficult?s lies ? la situation sociale

Trouble bipolaire de type II

Vu le tabagisme important et la cachexie non voulue du patient, une investigation chez le g?n?raliste a ?t? entreprise ? vis?e de recherche d’une maladie oncologique.

Attitude

Continuer l’investigation qui s’est av?r?e difficile en raison de l’observance des rendez-vous du patient. [ ]"

Par compte-rendu du 28 f?vrier 2010 [recte: 2011], le Dr V.__, müdecin g?n?raliste traitant, a mentionn? avoir ?t? consult? par l’assur? en 1980 pour une entorse de la cheville gauche, en 1990 pour un probl?me au genou gauche, en 1996 pour des diarrhes et pour de forts maux de t?te, puis en 2002 pour des probl?mes d’estomac et des troubles du sommeil li?s ? une toux probablement due ? un tabagisme variable mais important; l’assur? ?tait ensuite revenu en 2005 en disant qu’il ne fumait plus depuis une semaine. Ce müdecin a ajout? que l’int?ress? l’avait ? nouveau consult? durant l’?t? 2010 en lien avec une nervosit? et une fatigue ?norme l’avis psychiatrique du Dr Z.__ ayant ?t? demand dans ce contexte. Le Dr V.__ a encore fait État de trois ou quatre consultations durant l’?t? 2010 pr?cisant qu’au status clinique le 27 juillet, le patient pesait 53 kg pour une taille de 170 cm (Body Mass Index [BMI] entre 17 et 18) avant la derni?re consultation du 18 janvier 2011, lors de laquelle l’int?ress? avait dclar? qu’il ?tait toujours sous Cipralex. Le Dr V.__ a conclu son rapport en indiquant que l’assur? n’avait pas de grosse pathologie somatique et que si une rente d’invalidit? devait ätre accorde, ce serait pour des raisons psychiatriques, l’interpellation du psychiatre traitant ?tant ? cet ?gard recommande.

Aux termes d’un rapport du 14 juillet 2011, le Dr L.__ a expos? que depuis janvier 2011, l’assur? avait ?t? vu ? trois reprises, la derni?re fois en date du 18 avril 2011, ?tant pr?cis? qu’il avait fait dfaut ? des rendez-vous en mai et en juin pourtant fix?s ? sa requ?te. L’?volution de l’État de sant? ?tait par ailleurs dcrite comme relativement stationnaire par rapport ? janvier, avec nanmoins une augmentation des sympt?mes dpressifs malgr? un changement d’antidpresseur (Sertaline 150 mg). ?tait par ailleurs signal? un ?chec professionnel en mars 2011. Sur le plan diagnostique, le Dr L.__ a confirm? la pr?sence d’un ?pisode dpressif moyen, de traits de personnalit? obsessionnels, ainsi que d’un trouble anxieux g?n?ralis, relevant par ailleurs d’importants sympt?mes somatoformes dans le contexte de l’anxi?t? et de la dpression. Cela ?tant, ce müdecin a retenu les atteintes avec rpercussion sur la capacit? de travail d’?pisode dpressif moyen avec syndrome somatique depuis fin 2010, de traits de personnalit? anankastiques depuis 2007 et de possible trouble anxieux g?n?ralis? depuis 2007. Il a pr?conis? l’int?gration d’une assistante sociale voire d’un projet professionnel soit avec l’aide de l’AI soit avec l’aide d’un Office r?gional de placement, les sympt?mes anxieux se p?jorant sous l’effet de l’inactivit?. Au chapitre des restrictions, le Dr L.__ a pr?cis? que l’assur? se plaignait ? l’heure actuelle d’un renversement du rythme nycth?m?ral, d’une anxi?t? g?n?ralis?e importante, d’une perte de confiance en ses capacit?s, d’une fatigabilit? importante et de difficult?s de concentration. Pour ce müdecin, l’activit? exerc?e demeurait toutefois exigible du point de vue m?dical, les restrictions ?num?res pouvant ätre rduites par un suivi psychiatrique r?gulier et la prise de la m?dication prescrite; on pouvait ainsi s’attendre ? une reprise de l’activit? professionnelle, respectivement ? une am?lioration de la capacit? de travail, bien qu’il f?t difficile de se prononcer ? l’heure actuelle. S’agissant des travaux pouvant encore ätre exig?s dans le cadre d’une activit? adapt?e, le Dr L.__ a expos, dans une annexe dat?e du 12 juillet 2011, que la capacit? de concentration ?tait limite par une importante fatigabilit? et une anxi?t? restreignant les fonctions de concentration surtout dans les phases dpressives, que la capacit? d’adaptation ?tait rduite ? cause de la structure de la personnalit? plut?t obsessionnelle, le patient ?tant tr?s soucieux de bien faire avec une certaine rigidit? sur le plan de l’adaptation, et que la r?sistance ?tait elle aussi limite en raison de l’importante anxi?t?. Il a encore soulign? qu’une mesure professionnelle visant ? rint?grer l’assur? de mani?re progressive dans son ancien travail peut-ätre initialement ? un pourcentage rduit pourrait s’av?rer fort utile vu les liens entre la symptomatologie anxieuse et l’arr?t de son activit?.

Dans un rapport du 5 septembre 2011, le Dr V.__ a pr?cis? avoir revu l’assur? le 11 mars 2011 pour un probl?me oto-rhino-laryngologique, l’int?ress? ayant ensuite manqu? ses rendez-vous des 30 mars et 9 mai 2011 avant d’annuler celui du 15 avril 2011. Le müdecin a soulign? qu’il s’agissait en r?sum? d’un patient impatient? et que l’?volution ne lui semblait pas favorable. Il a rappel? que seul l’aspect psychiatrique pourrait motiver l’octroi d’une rente et a estim? qu’une radaptation professionnelle paraissait illusoire.

En vue de la mise en place d’une mesure de rinsertion, l’assur? a ?t? convoqu, le 27 octobre 2011, ? un entretien avec une collaboratrice de l’OAI dans les locaux de P.__ le 9 novembre 2011. L’int?ress? ne s’?tant pas pr?sent? ? cet entretien ni excus, l’OAI l’a enjoint, par courrier du 11 novembre 2011, ? prendre contact afin de faire un point de la situation.

Par avis m?dical du 28 novembre 2011, le Dr N.__, du Service m?dical r?gional de l’AI (ci-apr?s: le SMR), a relev? que l’assur? ne semblait pas ätre compliant pour r?pondre aux sollicitations de l’OAI et que, contact? le jour m?me, le Dr L.__ confirmait que le patient n’?tait pas non plus compliant pour son suivi psychiatrique.

Suite ? son entretien t?l?phonique susdit avec le Dr N.__, le Dr L.__ a fax? un compte-rendu du 24 octobre 2011dont il ?tait l’auteur, signalant que le suivi s’arr?tait et que l’assur? serait dsormais pris en charge au Secteur [...], par un th?rapeute encore ? dterminer. Ce document exposait en particulier ce qui suit:

"Diagnostic:

Episode dpressif moyen avec syndrome somatique, actuellement en r?mission

Trouble anxieux g?n?ralis?

Personnalit? ? traits obsessionnels et anxieux

Difficult?s lies ? la situation sociale

Somatisations ?ventuelles

Evolution et discussion:

Le suivi de M. D.__ a ?t? tr?s peu r?gulier sur l’ann?e 2011. Nous l’avons vu seulement ? 6 reprises au total, avec plusieurs rendez-vous manqu?s. L’?volution clinique est d’abord marqu?e par une am?lioration de la symptomatologie dpressive pendant les mois de janvier et f?vrier. Nous notons quand m?me, durant le mois de f?vrier 2011, un tentamen suicidaire ? la M?thadone dont le patient nous parle seulement au mois d’aoùt. Persistance de l’anxi?t? ? un niveau important. La question entre un trouble anxieux et des cons?quences somatoformes ou un trouble somatique ? la base, qui causerait ensuite une angoisse, n’a jamais ?t? r?pondue de mani?re satisfaisante. En octobre 2011, le patient nous annonce qu’il va dm?nager sur le Secteur [...], entre autres pour se faire investiguer plus sur le plan somatique, ce qui para?t une bonne ide, vu les ant?cdents surtout au niveau cardio-pulmonaire et la cachexie importante.

Sur le plan du traitement, vu le non[-]respect du cadre, une psychoth?rapie n’a pas ?t? possible. Au niveau m?dicamenteux, nous avons augment? tout d’abord le Cipralex jusqu’? 30mg, sans effet satisfaisant, pour le switcher ensuite vers de la Sertraline que nous avons augment?[e] jusqu’? 200mg au dernier rendez-vous. Le patient peut encore augmenter ? 250mg d’ici mi-novembre, s’il ne ressent pas d’effet anxiolytique."

Par courrier du 1er dcembre 2011, l’OAI, relevant que sa communication du 11 novembre pr?cdent ?tait rest?e sans suite, a invit? l’assur? ? prendre contact sans dlai et ? indiquer les noms et adresses de ses nouveaux müdecins suite ? son dm?nagement.

Sans r?ponse de l’assur, l’office lui a imparti, par sommation du 18 janvier 2012, un dlai au 31 janvier 2012 au plus tard pour fournir les informations demandes, l’avertissant qu’? dfaut une dcision serait rendue sur la base du dossier.

D’une note de suivi du 7 f?vrier 2012, il est ressorti que l’assur? avait laiss? un message t?l?phonique ? l’OAI ? r?ception de la sommation susdite puis que, suite ? plusieurs ?checs de prises de contact, l’office avait finalement r?ussi ? joindre l’int?ress? par t?l?phone le matin m?me. Ce dernier avait alors annonc? qu’il ?tait retourn? vivre ? X.__, qu’il ?tait ? suivi par l’UPA d’I.__ aupr?s d’un nouveau müdecin et qu’il ?tait d’accord d’int?grer un programme de rinsertion aupr?s de P.__ pour autant que son müdecin traitant estim?t la mesure pertinente.

Par dcision du 8 mars 2012, l’OAI a signifi? ? l’assur? qu’il prenait en charge un entranement ? l’endurance aupr?s de P.__, au Centre d’appui social et d’insertion (ci-apr?s: CASI) d’I.__, pour la p?riode du 7 mars au 8 juin 2012.

Le 13 mars 2012, un collaborateur du CASI d’I.__ a fait savoir ? l’OAI que l’assur? n’avait pas dbut? le programme en question.

Nanti de cette information, l’OAI a ?crit ? l’assur? le 15 mars 2012, l’invitant ? prendre contact avec l’une de ses collaboratrices faute d’avoir r?ussi ? le joindre par t?l?phone.

A l’occasion d’un entretien t?l?phonique avec l’OAI le 20 mars 2012, l’assur? s’est excus de ne pas avoir donn? de ses nouvelles et de ne pas avoir dbut? la mesure pr?vue, expliquant ? cet ?gard qu’il ne voyait plus la pertinence d’int?grer le centre pr?cit?.

Par rapport du 3 mai 2012, la Dresse T.__, cheffe de clinique adjointe ? l’UPA d’I.__ et en charge du suivi de l’assur? depuis le 1er dcembre 2011, a pos? les diagnostics avec impact sur la capacit? de travail de trouble hyperkin?tique avec perturbation de l’activit? et de l’attention (F90.0) et d’anxi?t? g?n?ralis?e (F41.1), ces atteintes existant depuis l’enfance. En guise de diagnostics sans effet sur la capacit? de travail, elle a mentionn? un trouble dpressif r?current actuellement en r?mission (F3.4) et des traits de personnalit? anankastique (Z73.1), depuis l’adolescence. Elle a plus particuli?rement signal? un comportement hyperactif et des troubles importants de l’attention impliquant des troubles de la m?moire; euthymique avec des moments d’aboulie et d’apathie relatifs ? la situation sociale dans laquelle il se trouvait, l’assur? pr?sentait ?galement des sympt?mes anxieux importants et des ruminations anxieuses concernant sa sant, son avenir, sa profession et sa famille. A cela s’ajoutait que suite ? la tension anxieuse, l’int?ress? souffrait de tensions musculaires, de c?phales et de troubles digestifs (diarrhes), qu’il ?tait irritable, et qu’il avait une grande fatigabilit, le sommeil ?tant par ailleurs perturb, tr?s agit? et non satisfaisant. L’assur? b?n?ficiait certes d’un suivi psychiatrique, mais il lui ?tait difficile de se pr?senter ? ses rendez-vous en raison de ses troubles. Cela ?tant, la Dresse T.__ a fait part d’une incapacit? de travail de 100% en cours depuis le 1er dcembre 2011 dans la profession de chauffeur, soulignant que l’assur? pr?sentait de graves troubles de l’attention qui pouvaient ätre difficilement g?rables en tant que chauffeur poids lourds et qu’il souffrait aussi d’une anxi?t? g?n?ralis?e qui pouvait augmenter jusqu’? des États paroxystiques dans un contexte de stress. Elle a pr?cis? que si l’activit? exerc?e n’?tait plus exigible, le patient pourrait en revanche b?n?ficier d’une activit? adapt?e qu’il pourrait exercer au dpart ? un taux rduit pour ?ventuellement ätre augment? par la suite. A cet ?gard, la Dresse T.__ a observ? que les troubles de l’attention ?taient moins ?vidents lorsque l’assur? exerait une activit? adapt?e, ?tant relev? que ce dernier avait depuis peu une activit? dans le domaine musical où il pouvait garder l’attention longtemps et que le traitement m?dicamenteux augmentait ?galement ses capacit?s de concentration. Dans une annexe dat?e toujours du 3 mai 2012, la Dresse T.__ a signal? des limitations fonctionnelles sous forme de mouvements continus et de tics, d’impulsivit, de troubles de l’attention importants, de troubles graves du sommeil, d’une incapacit? d’organisation et de programmation, d’une anxi?t? importante et d’?pisodes dpressifs en cas d’?puisement; il s’y ajoutait une limitation s?v?re de la capacit? de concentration/attention, une limitation moyenne des capacit?s mn?siques, une limitation s?v?re des capacit?s d’organisation/planification et une limitation moyenne de la capacit? d’adaptation au changement. La Dresse T.__ a par ailleurs estim? que l’assur? n’?tait pas en mesure d’exercer des activit?s en contact avec la clientle ou exigeant de fr?quents contacts interpersonnels, des activit?s exigeant de l’endurance, de la pr?cision, de la rapidit? ou une adaptation permanente, ainsi que des activit?s impliquant du stress ou des t?ches complexes, compte tenu de l’anxi?t, de l’impulsivit, de la fatigabilit? et du trouble de l’attention.

D’un rapport final ?tabli le 27 juin 2012 par une sp?cialiste en rinsertion professionnelle de l’OAI, il est ressorti que, toute tentative de rinsertion ?tant actuellement inenvisageable en raison des troubles de l’assur, il y avait lieu d’?valuer le droit de celui-ci ? des prestations financi?res, la Dresse T.__ ayant par ailleurs ?t? invit?e ? tenir l’office inform? ds que l’int?ress? serait apte ? participer r?guli?rement ? une mesure de rinsertion.

Par avis m?dical ?tabli le 6 novembre 2012, les Drs N.__ et M.__, du SMR, ont considr? que, pour pourvoir continuer la gestion du dossier, il ?tait indispensable de mettre en ?uvre une expertise psychiatrique avec mesures s?riques de la compliance m?dicamenteuse au traitement. Ils ont pr?cis? qu’il y avait lieu de demander ? l’expert de confirmer ou d’infirmer les diagnostics mentionn?s par ses confr?res, de donner son avis sur les atteintes psychiques actuelles, d’?valuer la capacit? de travail de l’assur? dans une activit? adapt?e, en donner une liste pr?cise des limitations fonctionnelles et de faire des recommandations quant ? la m?thode et ? la progressivit? d’une reprise ou d’une rinsertion professionnelles.

L’OAI a mandat? expert le Dr R.__, sp?cialiste en psychiatrie et psychoth?rapie, aux fins de raliser l’expertise en question. Apr?s avoir examin? l’assur? le 28 mars 2013 et effectu? des tests psychom?triques ainsi que des examens paracliniques, l’expert R.__ a fait part de ses conclusions dans un rapport du 24 avril 2013 co-sign? par la psychologue FSP C.__, exposant en particulier ce qui suit:

"A. QUESTIONS CLINIQUES

1. ANAMNESE

[ ]

1.4. Anamn?se affective et sociale

[ ]

Socialement, Monsieur D.__ a deux amis ? X.__ avec lesquels il a mont? un groupe de musique: " Q.__". Il joue avec eux environ deux heures par jour.

[ ]

1.10. Traitement actuel

? Cymbalta 60 mg, 2x/j

? Tranxilium 10 mg, 1x/j

? Ritaline 2-3 x/j 20 SR

L’assur? nous apporte ses boùtes de m?dicaments, dclare prendre r?guli?rement son traitement. Finalement, lorsque nous effectuons la prise de sang dont il conna?t les tenants et aboutissants, Monsieur D.__ nous dclare avoir interrompu son traitement il y a au moins un mois et ne pas l’avoir dit ? son müdecin.

[ ]

3. Constatations objectives

[ ]

3.2. Synthese des tests psychometriques

Monsieur D.__ a ralis? les tests psychom?triques dans un temps de passation normal. Il existe une tr?s mauvaise concordance entre les tests d’hält?roet auto-?valuation, globalement tous surcot?s.

Le Hamilton 17 items plaide pour une symptomatologie dpressive sub-clinique ? l?g?re, alors que le Beck 21 ?voque une dpression s?v?re, mais aux limites inf?rieures de la norme.

Le Hamilton anxi?t? sugg?re une anxi?t? mineure, alors que le facteur anxi?t? État du Spielberger est tr?s lev?.

Personnalit?

Le V.K.P. indique des ?l?ments dfinitifs pour la personnalit? histrionique, paranoaque, dpendante, obsessionnelle compulsive, ? conduite d’?chec et probables pour la personnalit? schizotypique et borderline.

Ce profil est difficilement interpr?table. Monsieur D.__ a refus de raliser les tests psychom?triques manquants apr?s l’expertise, partant relativement f?ch?.

[ ]

3.3. Examens paracliniques du 28 mars 2013

[ ]

Commentaires :

La GGT est dans les normes.

La CDT (3.2) souligne la notion d’abus d’alcool, que nous avons d’ailleurs relev?[e] anamnestiquement.

La TSH est dans les normes.

Le dosage s?rique du Diaz?pam est non dtectable. Par contre, le Desm?thyldiaz?pam est dtectable, ce qui indique que l’assur? a probablement pris dans les jours qui pr?cdent cette mol?cule.

Par contre, le dosage du chloraz?pate dipotassique n’est pas relev? et celui de la Dulox?tine (Cymbalta) est non dtectable, selon les deux m?thodes de dtection.

Monsieur D.__ nous annonce qu’il aurait interrompu son traitement bien auparavant

3.4. Examen clinique du 28 mars 2013

Monsieur D.__ se pr?sente de fa?on ponctuelle au rendez-vous. Nous avons contr?l? sa carte d’identit?. Il s’agit d’un homme de taille moyenne sup?rieure, de type leptosome, svelte, habill? simplement. L’aspect hygi?nico-vestimentaire est conserv?.

On rel?ve une certaine agitation psychomotrice, un discours verbal assez pr?cipit, avec une tendance parfois ? se perdre un peu dans les dtails. On rel?ve un tic facial avec plissement du nez.

Monsieur D.__ est assez souriant, sympathique, dbonnaire, mais en m?me temps assez plaintif. Notamment, il ?voque une fatigue, dclare avoir toujours trop fait pour les autres, m?me en devant payer de sa poche, sans retour, ce qui l’aurait "?puis?". L’assur? serait d’accord de travailler, mais dans une activit? qui lui convienne, par exemple faire de la musique pour des jeunes en difficult?. Monsieur D.__ manque d’autocritique et n’entend gu?re se remettre en question. Il ne pleure pas durant l’entretien, n’a pas l’air sp?cialement tendu, ni anxieux.

Nous ne relevons pas de foetor ?thylique, il est vigile, orient? dans les 3 modes. L’examen neuropsychologique grossier est dans les normes. Monsieur D.__ peut restituer de mani?re particuli?rement pr?cise son histoire personnelle, ? l’exception de son parcours professionnel qui est erratique. L’intelligence est normale.

Actuellement, il n’y a pas de dpressivit? marqu?e, dans le sens d’une anh?donie, aboulie, apragmatisme. Monsieur D.__ ?voque une certaine fatigabilit, une dispersion des ides.

Le sommeil serait moyennement r?parateur, raison pour laquelle ses horaires de r?veil sont modifi?s. L’app?tit semble relativement conserv? ; il n’aurait plus perdu de poids. Monsieur D.__ ?voque que les sympt?mes digestifs se seraient aussi att?nu?s.

Du point de vue anxieux il n’y a pas d’argument pour un trouble de l’anxi?t? g?n?ralis? ou un trouble panique tels que dfinis par le DSM IV. Mis ? part une phobie simple des oiseaux, Monsieur D.__ ne souffre pas de claustro-agoraphobie, de phobie sociale, de phobie du sang, d’un trouble obsessionnel compulsif. Il n’y a pas d’argument en faveur d’un État de stress post-traumatique.

Monsieur D.__ dclare ne pas consommer d’alcool. Il n’y a pas de prise de substances illicites annonc?e, ? l’exception de THC ? l’occasion.

Monsieur D.__ ne pr?sente pas de troubles alimentaires, en particulier anorexie boulimie.

Il n’existe pas de signes florides de la lign?e psychotique, en particulier dlire, hallucinations, troubles formels ou logiques de la pens?e.

Au niveau somatique, outre la fatigabilit? et les sympt?mes digestifs occasionnels, Monsieur D.__ n’a pas d’autres plaintes au premier plan.

3.5. Personnalite:

Monsieur D.__ appara?t comme un sujet tr?s volubile, centr? sur lui-m?me, voire ?gocentr?. Il ne cesse de se mettre en avant, ?voque ses comp?tences tant professionnelles, que musicales, apparemment jamais reconnues. L’assur? indique avoir eu un parcours professionnel "tr?s int?ressant" jusqu’? son dernier licenciement. A ce titre, Monsieur D.__ nous montre une photo indiquant qu’il a perdu du poids. Nous constatons alors qu’il s’agit d’un homme en bon État g?n?ral, avec une musculature plut?t athl?tique.

L’assur? para?t incapable de reconstituer un r?cit de vie tr?s coh?rent. Il semble avoir des relations affectives superficielles, instables, sans v?ritable prise de conscience ou capable de recul par rapport ? cela. Monsieur D.__ semble assez immature dans sa fa?on de percevoir l’existence et donne l’existence [sic] d’un ?ternel adolescent. Le dficit d’?laboration justifie une certaine tendance aux somatisations

4. DIAGNOSTICS

4.1.0 DIAGNOSTICS SELON LE DSM-IV-TR[ ]

Axe I Probable THADA

Dysthymie

Abus et / ou dpendance ?thylique

Non observance m?dicamenteuse (Cymbalta)

Axe II Personnalit? ? fonctionnement État limite, immaturit?

Axe III[ ] cf. sp?cialiste concern?

Axe IV Dsinsertion professionnelle; difficult?s ?conomiques

[ ]

4.1.1. Diagnostics ayant une repercussion sur la capacite de travail

? ---

4.1.2. Diagnostics sans r[?]percussion sur la capacite de travail

? Probable THADA

? Dysthymie

? Abus et / ou dpendance ?thylique

? Non observance m?dicamenteuse (Cymbalta)

? Personnalit? ? fonctionnement État limite, immaturit?

5. DISCUSSION

Monsieur D.__ est un homme n? ? [...] le [...]. [...].1966. A priori, rien n’indique qu’il ait ?t? victime de graves maltraitantes ou de carence affective. Nous ne relevons pas d’arguments en faveur d’une importante h?r?dopathie de troubles psychiatriques au sein de sa famille directe, proche et ?tendue.

Ds l’adolescence, Monsieur D.__ a un parcours de vie relativement marginal, s’adonnant ? ses passions la musique raison pour laquelle entre autre, il n’aurait pas men? ? bien de formation. L’assur? s’est toujours dbrouill? pour travailler dans des activit?s simples de chauffeur-livreur, puis ds 1998 au b?n?fice d’un permis de conducteur de poids-lourd, il a pu trouver un certain ?quilibre et acqu?rir une activit? où il ?tait indpendant, pas sous le "joug" de l’autorit?. Cela a ?t? en rapport avec un temp?rament assez impulsif, supportant mal les contraintes, les conflits, l’autorit, auxquels il ragit de mani?re peut-ätre caract?rielle et impulsive, comme on le retrouve chez les adolescents.

Son parcours marginal ne para?t gu?re le pr?occuper, et Monsieur D.__ semble vivre au jour le jour. Evoquant son avenir professionnel, l’assur? se montre assez dnigrant et met les pieds contre le mur ds que l’on ?voque une activit? de chauffeur-livreur, estimant qu’il n’a plus envie de faire des horaires impossibles et d’ätre mal r?mun?r?.

[ ]

Le long entretien que nous avons eu avec Monsieur D.__, le bilan des tests psychom?triques que nous lui avons fait passer, le r?sultat des examens paracliniques, et la lecture attentive du dossier en notre possession, nous permettent de porter les conclusions suivantes.

D’un point de vue psychopathologique, ? l’examen clinique, nous ne relevons pas de sympt?mes anxio-dpressifs majeurs chez un sujet par ailleurs assez dmonstratif. La suspicion d’abus d’alcool est confirm?e par nos examens paracliniques (cf[.] point 3.3). Monsieur D.__ nous dclare dans un premier temps ätre tr?s motiv? par son traitement qu’il suivrait scrupuleusement. Nanmoins, apr?s la prise de sang apr?s lui en avoir expliqu? les tenants et aboutissants l’assur? annonce avoir interrompu ses m?dicaments "? l’insu de son th?rapeute". Les plaintes somatiques semblent occuper le devant du tableau clinique.

Monsieur D.__ envisage au niveau professionnel, essentiellement d’ätre musicien.

Capacite de travail

Si l’assur? a peut-ätre pr?sent? un trouble de l’adaptation avec humeur anxio-dpressive ? la suite de son licenciement du 31.10.2010 [recte: 30.09.2010], l’?volution est marqu?e par un sujet assez revendicateur, r?clamant beaucoup, attendant tout des autres, mais ne faisant aucune dmarche participative objective. Monsieur D.__ semble tranquillement se lover dans son statut d’assist social, sans v?ritables autres ambitions, mettant en ?chec toute proposition constructive.

Comme le sugg?rait la Dresse T.__, la compliance est mauvaise tant sur le suivi psychoth?rapeutique que pharmacologique.

En conclusion, sa capacit? de travail m?dico-th?orique est enti?re.

Le trouble de la personnalit, où nous relevons un fonctionnement État limite et une certaine immaturit, ne vaut pas pour un trouble majeur de la personnalit?.

Si l’hypoth?se d’un THADA peut ?ventuellement ätre sugg?r?e, cela ne l’a toutefois jamais emp?ch? de travailler jusqu’en 2010.

Des mesures de rinsertion ne sont pas indiques, vu les exp?riences passes.

6. REPONSES AUX QUESTIONS

B. INFLUENCES SUR LA CAPACITE DE TRAVAIL

1. Limitations (qualitatives et quantitatives) en relation avec les troubles constat?s

Au plan physique

Tendance aux somatisations ? polarit? digestive.

Au plan psychique et mental

Pas de symptomatologie dpressivo-anxieuse majeure, en tous les cas incapacitante.

Au plan social

Sujet marginal, un peu asocial, tol?rant mal les contraintes et l’autorit?. Il dsire "faire ce qu’il veut et faire ce qui lui pla[?]t". Fond d’?gocentrisme non n?gligeable.

2. Influence des troubles sur l’activit? exerc?e jusqu’ici

2.1. Comment agissent ces troubles sur l’activit? exerc?e jusqu’ici

100 % sur un dlai de 6 mois depuis l’arr?t de travail, soit ds le 01.04.2011, par analogie au trouble de l’adaptation.

2.2. Description pr?cise de la capacit? r?siduelle de travail

100 % ds le 01.04.2011.

2.3. L’activit? exerc?e jusqu’ici est-elle encore exigible Si oui, dans quelle mesure (heures par jour)

100 %

2.4. Y a-t-il une diminution du rendement Si oui, dans quelle mesure

Non

2.5. Depuis quand, au point de vue m?dical, y a-t-il une incapacit? de travail de 20% au moins

01.08.2010

2.6. Comment le degr? d’incapacit? de travail a-t-il ?volu? depuis lors

Favorablement.

3. En raison de ses troubles psychiques, l’assur?(e) est-il (elle) capable de s’adapter ? son environnement professionnel

Oui, s’il en a la motivation.

C. INFLUENCES SUR LA READAPTATION PROFESSIONNELLE

1. Des mesures de radaptation professionnelle sont-elles envisageables

[ ]

Pas indiqu, vu les exp?riences passes et l’absence de demande motiv?e en ce sens.

[ ]"

Par rapport du 15 mai 2013, le Dr N.__ s’est ralli? aux conclusions de l’expertise susmentionn?e, considrant sur cette base que l’assur? ne pr?sentait aucune atteinte invalidante ? la sant? et que sa capacit? de travail ?tait enti?re dans l’activit? habituelle comme dans une activit? adapt?e.

En date du 13 juin 2013, l’OAI a adress? ? l’assur? un projet de dcision dans le sens d’un refus de prestations AI, considrant qu’apr?s analyse du dossier m?dical et suite ? l’expertise du Dr R.__, il apparaissait que l’int?ress? ne pr?sentait aucune atteinte ? la sant? susceptible de diminuer sa capacit? de travail dans une activit? professionnelle.

Par acte du 27 aoùt 2013 r?dig? par son conseil, l’assur? a fait part de ses objections ? l’encontre du projet pr?cit?. Il a essentiellement all?gu? que l’expert R.__ n’avait pas invoqu? d’?l?ments probants pour ?carter l’existence d’un trouble du dficit de l’attention avec hyperactivit? (TDAH [ou THADA: trouble hyperactif avec dficit d’attention]) se rpercutant sur la capacit? de travail -contrairement ? la Dresse T.__ qui, dans un rapport du 15 aoùt 2013, avait ?nonc? des points importants plaidant en faveur d’un tel diagnostic. Cela ?tant, l’assur? a estim? qu’il se justifiait de procder ? une instruction compl?mentaire sous la forme d’une expertise visant ? dterminer s’il pr?sentait effectivement un TDAH et si cette atteinte diminuait de mani?re significative sa capacit? de travail.

Le rapport pr?cit? ?tabli le 15 aoùt 2013 par la Dresse T.__ avait la teneur suivante:

"Effectivement, le patient souffre d’un trouble de dficit d’attention et hyperactivit? depuis l’enfance. Selon les crit?res de diagnostic du DSM-IV, ce qui caract?rise cette maladie c’est une inattention, ce qui veut dire : selon DSM-IV souvent ne parvient pas ? pr?ter attention aux dtails, fait des fautes d’?tourderie dans le travail ou d’autres activit?s, a souvent du mal ? soutenir son attention au travail, semble souvent ne pas ?couter quand on lui parle personnellement, souvent ne se conforme pas aux consignes et ne parvient pas ? mener ? terme ses devoirs scolaires ou ses t?ches domestiques ou ses obligations professionnelles, a souvent du mal ? organiser ses travaux ou ses activit?s. Souvent ?vite, a en aversion ou fait ? contrec?ur les t?ches qui n?cessitent un effort mental soutenu. Perd souvent les objets n?cessaires ? son travail ou ? ses activit?s, souvent se laisse facilement distraire par des stimuli externes, a des oublis fr?quents dans la vie quotidienne?. Monsieur D.__ pr?sente tous ces sympt?mes et tous ces crit?res de diagnostic. En cons?quence, il n’est pratiquement pas possible pour le patient de respecter ses rendez-vous ; [il] perd souvent ses cartes de rendez-vous et les strat?gies que nous avons essay? de mettre en place n’ont pas ?t? suffisantes pour l’aider ? mieux s’organiser dans ses activit?s. Dans ce sens, malheureusement, l’ide initiale pour une rinsertion dans un travail adapt? a ?t? un ?chec, du fait que M. D.__ n’arrive pas ? se pr?senter ? ses convocations.

Une autre grande cat?gorie de sympt?mes li?s ? ce trouble de dficit d’attention et hyperactivit, c’est bien s?r l’hyperactivit?. Je ne vais pas citer tous les crit?res de diagnostic, mais les patients qui souffrent de cette maladie parlent souvent trop, ils ont souvent du mal ? se tenir tranquilles, remuent souvent les mains ou les pieds, ou se tortillent sur leur si?ge, ce qui fait que pour un patient qui souffre ?galement de dpression, le diagnostic de trouble dpressif ou l’hält?ro-?valuation s’av?rent tr?s difficiles. Si chez un patient dprim?, sans autre comorbidit, on observe un ralentissement psychomoteur, une diminution de l’activit, une mimique et une position corporelle caract?ristique pour la dpression, chez un patient qui a une comorbidit? de trouble de dficit d’attention et hyperactivit, tous ces ?l?ments vont ätre masqu?s par l’hyperactivit, le dficit d’attention et l’impulsivit?. De ce fait, on peut surtout minimiser l’intensit? de la dpression chez un patient atteint de dficit d’attention et hyperactivit?.

La troisi?me cat?gorie de sympt?mes tr?s caract?ristiques pour le TDAH (trouble de dficit d’attention et hyperactivit?) est l’impulsivit?. Les patients souffrant de ce trouble laissent souvent ?chapper la r?ponse ? une question qui n’est pas encore enti?rement pos?e, ils ont souvent du mal ? attendre leur tour et vont interrompre souvent les autres ou imposer leur pr?sence. Cette impulsivit? fait qu’ils ont de grandes difficult?s pour suivre une th?rapie ou d’attendre les effets b?n?fiques d’une m?dication, etc. M. D.__, malheureusement, a une impulsivit? tr?s importante, avec un dysfonctionnement important.

Par rapport ? l’expertise, l’?chelle de Hamilton, test qui a ?t? utilis? pour la dpression, est une ?valuation qui inclu[t] justement les observations de la part du psychiatre de certains ?l?ments qui sont masqu?s par l’hyperactivit? ou le dficit d’attention, ce qui fait que le score est probablement inf?rieur ? la ralit?. Par rapport ? la dpression de M. D.__, il vit des moments o, suite ? des stresseurs externes, il fait des ?pisodes dpressifs d’une intensit? moyenne ? s?v?re. Il a b?n?fici? ? plusieurs reprises de traitements antidpresseurs avec un effet b?n?fique, mais il peut aussi arr?ter son traitement et refaire des ?pisodes dpressifs.

Par rapport ? l’anxi?t, les crit?res de diagnostic DSM-IV pour une anxi?t? g?n?ralis?e sont : ?une anxi?t? et des soucis excessifs survenant la plupart du temps durant au moins 6 mois, concernant un certain nombre d’?vnements ou d’activit?s tels que le travail ou les performances scolaires?. Chez le patient, ce crit?re est enti?rement rempli. M. D.__ prouve de la difficult? ? contrler cette pr?occupation. L’anxi?t? et les soucis sont associ?s ? trois ou plus des six sympt?mes suivants : agitation, fatigabilit, difficult?s de concentration, troubles de la m?moire, irritabilit, tensions musculaires, perturbation du sommeil. L’anxi?t? et les soucis entranent une souffrance cliniquement significative. Chez le patient, nous avons l’impression que tous ces crit?res de DSM-IV sont remplis et, en plus actuellement, il b?n?ficie d’un traitement de pr?gabaline qui am?liore la symptomatologie. Comme on peut le voir dans le parcours de vie de M. D.__, qui est tr?s chaotique, il a eu des moments où il a travaill, malgr? le fait qu’en tant qu’enfant et jeune adulte il n’a jamais b?n?fici? d’une prise en charge adapt?e et où la scolarit? n’a pas ?t? adapt?e ? ses souffrances. Malheureusement, le patient a commenc? ?galement ? souffrir d’attaques de panique, qui l’ont amen? ? se retrouver ? plusieurs reprises ? l’h?pital, ce qui a aussi contribu? ? son licenciement de son dernier travail. Il est vrai que depuis, M. D.__ n’arrive plus ? s’int?grer ou ? chercher par ses propres moyens un lieu de travail, du fait de son anxi?t? de forte intensit? et des difficult?s d’attention tr?s marques. Des ?pisodes dpressifs se rajoutent p?riodiquement, ce qui contribue ?galement ? une incapacit? de travail de ce patient. Par rapport ? des ant?cdents familiaux, le patient dcrit sa m?re comme une personne tr?s soucieuse, ce qui pourrait ?mettre l’hypoth?se qu’elle souffre ?galement d’une anxi?t? g?n?ralis?e. D’autre part, le fils de M. D.__ b?n?ficie d’une prise en charge psychiatrique pour un dficit d’attention et hyperactivit, avec un traitement de Ritaline. La prise en charge de ce patient est effectivement difficile, du fait qu’il perd ses cartes de rendez-vous, qu’il pr?sente une certaine impatience et un dficit d’attention qui rendent tout travail difficile. La perte de poids et l’anxi?t? font que le traitement de Ritaline est limit ? des doses relativement faibles et actuellement le Strattera n’?tant pas rembours, nous n’avons pas de solution m?dicamenteuse ? proposer ? ce patient. J’estime que M. D.__ n’a actuellement pas sa capacit? de travail et qu’il devrait pouvoir b?n?ficier d’une rente Al et ?ventuellement par la suite d’une possible rinsertion, mais adapt?e ? ses troubles."

Par avis m?dical du 16 janvier 2014, le Dr N.__ a considr? que l’expertise du Dr R.__ ?tait pleinement convaincante, singuli?rement n’?tait pas remise en doute par le compte-rendu de la Dresse T.__ du 15 aoùt 2013 comprenant ?une longue liste d’hypoth?ses et de suggestions de l’effet que pourrait avoir une atteinte de type TDAH?.

Par dcision du 20 mai 2014, l’OAI a confirm? son projet de dcision du 13 juin 2013. Dans une lettre explicative du m?me jour, l’office a r?fut? les objections de l’assur? en reprenant le point de vue dvelopp? dans l’avis SMR du 16 janvier 2014.

B. Agissant par l’entremise de son conseil, D.__ a recouru le 23 juin 2014 devant la Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal ? l’encontre de la dcision pr?cit?e, concluant ? l’annulation de celle-ci et, principalement, ? la mise en ?uvre des compl?ments d’instruction n?cessaires et ? la constatation de son droit aux prestations, subsidiairement au renvoi du dossier ? l’intim? pour compl?ment d’instruction et nouvelle dcision au sens des considrants. Il requiert en outre le b?n?fice de l’assistance judiciaire limite aux frais de justice. Sur le fond, le recourant critique l’appr?ciation de l’expert R.__ essentiellement sous l’angle du TDAH. Attendu qu’un tel diagnostic est difficile ? poser, que l’expert n’a pas vraiment cherch? ? confirmer ou ? infirmer l’existence de cette affection et que le fait d’avoir pu travailler jusqu’en 2010 ne permet pas de conclure ? l’absence d’un TDAH ou de considrer que ce trouble n’aurait actuellement pas d’influence sur la capacit? de travail, l’assur? estime en effet que l’expert n’a pas fourni des explications claires et compl?tes sur la question. Rappelant en outre que, selon l’expert, la mauvaise compliance et la mise en ?chec de toute proposition constructive seraient ? mettre sur le compte d’un comportement immature voire d’assist social, le recourant rel?ve que le Dr R.__ n’a m?me pas envisag? la possibilit? que ces comportements puissent ätre mis en relation avec le dficit d’attention, l’impulsivit? et l’hyperactivit? auxquels ?s’ajoutent du reste indiscutablement d’autres pathologies psychiatriques?. Il soutient qu’en revanche, l’appr?ciation ?mise par la Dresse T.__ dans son rapport du 15 aoùt 2013 s’av?re beaucoup plus pr?cise sur cette probl?matique. Il ajoute que son parcours professionnel n’est pas celui d’un assist social mais doit plut?t ätre qualifi? de chaotique dans la mesure où onze employeurs se sont succ?ds en neuf ans dans le m?me domaine d’activit? (chauffeur/livreur poids lourds) sur des p?riodes inf?rieures ? huit mois, ? une exception pr?s. Dans ces conditions, le recourant estime qu’un compl?ment d’instruction s’impose, l’avis exprim? le 16 janvier 2014 par le Dr N.__ du SMR lequel ne dispose selon toute vraisemblance d’aucune qualification particuli?re en psychiatrie et ne l’a du reste jamais rencontr? - ne permettant pas de pallier aux lacunes du dossier. Se pr?valant de son État g?n?ral somatique ?fortement dlabr, avec un BMI tr?s nettement inf?rieur ? la moyenne, le recourant soutient de surcroùt que ce compl?ment devrait ?galement porter sur l’aspect physique. Enfin, il joint en annexe un onglet de pi?ces se rapportant essentiellement aux phases ant?rieures de la procédure.

En date du 10 juillet 2014, le recourant a vers? en cause un rapport ?tabli ? la demande de son conseil le 7 juillet 2014 par la Dresse S.__, cheffe de clinique adjointe ? l’UPA d’I.__, dont on extrait ce qui suit:

"1. Vous nous demandez si le trouble de personnalit? indiqu? par l’expert n’est pas sous-?valu?.

Les crit?res pour poser un diagnostic de trouble de la personnalit, selon la classification internationale ClM-10, sont la pr?sence d’attitude de comportements nettement disharmonieux dans plusieurs secteurs du fonctionnement, dont l’affectivit, la sensibilit, le contrle des impulsions, la mani?re de percevoir ou de penser et le mode relationnel, ainsi que la pr?sence d’un mode de comportement anormal et durable persistant et pas limit ? des ?pisodes, qui est profondment enracin? et clairement inadapt? ? des situations personnelles et sociales tr?s varies. Le trouble est ? l’origine d’une souffrance personnelle considrable pour l’individu et il est habituellement associ? ? une dgradation progressive du fonctionnement professionnel et social. Concernant M. D.__, les crit?res susmentionn?s sont pr?sents, de fa?on ? ce que nous puissions dclarer avec certitude qu’il souffre d’un trouble de la personnalit?. Cependant, ? l’heure actuelle, diff?rents th?rapeutes et l’expert ont pos? des diagnostics de trouble de la personnalit? diff?rents au sujet de M. D.__ (personnalit? anankastique, personnalit? paranoaque, personnalit? ?motionnellement labile type impulsif). A l’heure actuelle, dans le cadre des consultations ? I’UPA d’I.__, les traits de personnalit? que nous pouvons constater chez notre patient, rel?vent plut?t d’une personnalit? paranoaque et d’une personnalit? anankastique. Ainsi, M. D.__ pr?sente une sensibilit? excessive aux ?checs, avec un sens tenace et combatif de ses propres droits l?gitimes, hors de proportion avec la situation relle. Il pr?sente ?galement un perfectionnisme qui entrave l’ach?vement des t?ches (caract?ristique qui s’est fortement rpercut?e dans le domaine professionnel) et un souci excessif ? la productivit, aux dpens de son propre plaisir et des relations interpersonnelles. Il pr?sente ?galement quelques traits de personnalit? dpendante, ? savoir une subordination de ses propres besoins ? ceux des personnes dont il dpend et une tendance ? interpr?ter comme de l’abandon, du rejet et de l’injustice, certaines ractions impartiales. Nous pouvons mettre en ?vidence la rpercussion de tous ces traits de personnalit? dans diff?rents domaines de sa vie, comme ceux-ci sont investigu?s dans l’anamn?se psychiatrique, comme le domaine affectif et professionnel.

2. Vous nous demandez de commenter l’interruption du traitement m?dicamenteux par M. D.__ et la suspicion d’abus d’alcool, comme indiqu? par l’expert.

En ce qui concerne la question d’interruption du traitement m?dicamenteux, effectivement le dosage du taux sanguin de l’antidpresseur, effectu? dans le cadre de l’expertise psychiatrique, dmontre une non-adh?rence au traitement antidpresseur chez M. D.__. Parmi les raisons probables d’une non-adh?rence, nous pouvons ?voquer entre autre la pr?sence d’une absence de collaboration (ce que nous n’avons pas observ? durant le suivi ? l’UPA, M. D.__ ?tant plut?t demandeur de soins et se mettant pr?t ? suivre vos propositions), ?galement une probable conscience morbide partielle par rapport ? ses troubles ou les oublis fr?quents qu’il pr?sente li?s ? son affection de THADA. Le traitement actuel de M. D.__ consiste en de la Ritaline SR 40 mg/jour (pour le THADA) et du Lyrica 150 mg 2x/jour (pour l’anxi?t? g?n?ralis?e). Il ne reoit pas de traitement antidpresseur. Concernant la suspicion d’abus d’alcool, effectivement dans le cadre de l’expertise, un dosage des CDT (indice de consommation d’alcool) est augment? de fa?on l?g?re, ce qui met en ?vidence une consommation r?guli?re excessive d’alcool (dans la litt?rature, il est dmontr? que par exemple la consommation de 6 bi?res par jour environ, pendant 1 semaine, peut provoquer une telle augmentation de CDT). Durant le suivi de M. D.__ dans notre unit? depuis aoùt 2010, une probl?matique li?e ? une consommation d’alcool n’a jamais ?t? diagnostiqu?e, notamment M. D.__ ne s’est jamais pr?sent? alcoolis? aux entretiens, ceci pour des entretiens fix?s ? des heures diff?rentes dans la journ?e.

3. Vous nous demandez aussi si le parcours de vie de M. D.__ n’est pas un indice des difficult?s rencontres dans le THADA ou le trouble de personnalit?.

Effectivement, le parcours de vie de M. D.__, sur le plan professionnel, que nous caract?riserions d’instable plut?t que marginal, peut tout ? fait ätre expliqu? notamment par le trouble de personnalit? [ ], ainsi que par les difficult?s rencontres ? cause du THADA ( ce point, nous vous renvoyons au rapport de la Dresse T.__, dat? du 15.08.2013).

4. Vous nous demandez d’expliquer comment les troubles ont eu une rpercussion notable sur la capacit? de travail ds 2010.

Effectivement, en ce qui concerne le THADA et le trouble de la personnalit, il s’agit plut?t d’affections pr?sentes chez un individu depuis l’enfance pour le premier et le dbut de l’?ge adulte pour le deuxi?me, ce qui n’a pas emp?ch? M. D.__ de travailler pendant plusieurs annes, mais qui a dtermin? ses choix professionnels (type d’activit, changements). Par contre, il est ? relever que notamment le trouble de personnalit? peut manifester des dcompensations p?riodiques, avec une accentuation des traits entravant la personne dans diff?rents domaines de sa vie (comme par exemple le domaine professionnel ou relationnel, ou, comme mentionn? plus haut, conduire ? une dgradation du fonctionnement professionnel et social). Il est surtout important ? noter que l’affection ayant contribu? ? la diminution de la capacit? de travail chez l’expertis? et ? une incapacit? ? 100 % ? partir de 2010 est la pr?sence, ? l’?poque, d’une anxi?t? g?n?ralis?e, qui s’est compliqu?e, secondairement, par un ?pisode dpressif s?v?re. La premi?re affection persiste actuellement, la deuxi?me est maintenant en r?mission. Il est, par ailleurs, dans le contexte de l’anxi?t? g?n?ralis?e que M. D.__ a pr?sent? en 2010 diff?rents probl?mes somatiques. Ceux-ci sont tout ? fait compatibles avec le deuxi?me crit?re (parmi 2) pour le diagnostic d’une anxi?t? g?n?ralis?e selon la classification internationale CIM-10. Il s’agit ainsi, concernant ses sympt?mes somatiques, d’une suractivation du système nerveux autonome li?e ? l’anxi?t, plut?t que de somatisations, comme cela est indiqu? par l’expert.

Actuellement, M. D.__ pr?sente un État psychique plut?t stationnaire, caract?ris? par la persistance des ?l?ments de l’anxi?t? g?n?ralis?e et les manifestations du THADA et du trouble de personnalit? dans sa vie quotidienne. Il a besoin de s’organiser d’une fa?on tr?s fluctuante dans le temps pour effectuer ses activit?s de la vie quotidienne ou de musique.

Il est ? noter que ce rapport est bas sur l’?tude du dossier du patient ? l’UPA d’I.__ et son anamn?se, comme investigu? aupr?s de lui en deux entretiens. L’?valuation comporte ainsi des limitations, surtout lies ? une capacit? d’introspection limite chez M. D.__, et des difficult?s ? se concentrer et mettre les ?vnements en ordre chronologique. Ces limitations sont lies ? ses troubles psychiatriques (notamment le THADA et le trouble de la personnalit?)."

Par dcision du 19 aoùt 2014, la juge instructeur a accord au recourant le b?n?fice de l’assistance judiciaire limite ? l’exon?ration des frais de procédure, avec effet au 23 juin 2014.

Appel? ? se prononcer sur le recours, l’intim? en a propos? le rejet par r?ponse du 23 septembre 2014, r?futant la n?cessit? d’un compl?ment d’instruction et renvoyant en particulier ? un avis du 16 septembre 2014 r?dig? par les Drs H.__ et K.__, du SMR.

Aux termes de cet avis, les Drs H.__ et K.__ rel?vent en particulier que l’obtention d’un permis poids lourds est soumise ? des conditions d’exclusion (Pas de maladies mentales. Pas de maladies des nerfs entra?nant une dficience permanente. Pas d’oligophr?nie. Pas de psychopathie. Pas de troubles ou pertes de conscience p?riodiques. Pas de troubles de l’?quilibre) et que la dtention d’un tel permis est par ailleurs li?e ? une visite m?dicale r?guli?re. Ils estiment pour le surplus que le rapport de la Dresse S.__ ne met en ?vidence ni fait nouveau, ni aggravation depuis la dcision AI querell?e, mais qu’il s’agit de l’interprÉtation diff?rente d’une situation similaire.

Par r?plique du 8 dcembre 2014, le recourant confirme ses pr?cdents motifs et conclusions. Arguant d’une divergence de diagnostics entre l’appr?ciation de l’expert R.__ et celle des psychiatres T.__ et S.__, il requiert la mise en ?uvre d’une expertise judiciaire psychiatrique, compl?t?e si possible par un volet de müdecine interne afin d’investiguer son État g?n?ral tr?s diminu?. Le recourant estime plus sp?cifiquement que le rapport ?tabli le 16 septembre 2014 par le Dr H.__ [sic] lequel ne dispose pas, ? la connaissance de l’assur, d’une sp?cialisation en psychiatrie - ne constitue pas une base suffisante pour ?carter le rapport de la Dresse S.__ du 7 juillet 2014, ?tant pr?cis? ? cet ?gard que l’on ne voit pas en la dtention d’un permis poids lourds permettrait de faire l’?conomie d’un compl?ment d’instruction.

Dupliquant le 17 dcembre 2014, l’intim? maintient sa position.

Une expertise judiciaire a ?t? mise en ?uvre aupr?s des Drs O.__, sp?cialiste en müdecine interne, et Y.__, sp?cialiste en psychiatrie et psychoth?rapie.

Dans son rapport 17 dcembre 2016, l’expert O.__ a pos? les diagnostics de bronchopneumopathie chronique obstructive sur tabagisme, d’insuffisance pondrale de longue date et de dyslipidmie non trait?e. Il a pr?cis? que l’assur? signalait encore une fatigue chronique depuis l’?ge de 30 ans environ -fatigue qui ne recevait toutefois pas d’explication sur le plan somatique, qui n’avait pas emp?ch? l’int?ress? de travailler ? plein temps jusqu’en 2010 et de pratiquer intensivement la musique, et qui ne s’exprimait pas de mani?re uniforme dans tous les registres de la vie quotidienne. Cela ?tant, l’expert O.__ a retenu que seule la bronchopneumopathie avait un impact sur la capacit? de travail, en ce sens que le port de charges ?tait limit ? 25 kg de mani?re it?rative dans toute activit?. Pour ce sp?cialiste, il n’y avait ainsi pas d’incapacit? de travail sur le plan somatique.

Apr?s un consilium avec l’expert O.__ le 17 janvier 2017, l’expert Y.__ a fait part de ses conclusions dans un rapport du 2 f?vrier 2017. Il a notamment retenu les diagnostics incapacitants de trouble de l’adaptation mixte avec anxi?t? et humeur dpressive, de trouble panique et d’agoraphobie (axe I), ce ? quoi s’ajoutait une personnalit? borderline dcompens?e (axe II). Pour le reste, l’expert Y.__ a en particulier formul? les conclusions suivantes:

"5. Appr?ciation diagnostique

[ ]

Les diagnostics qui ont une incidence sur la capacit? de travail chez l'investigu? sont les diagnostics de l'axe I (trouble de l'adaptation, trouble panique et agoraphobie) associ?s ? la dcompensation persistante de la personnalit? de type borderline (axe II). En effet, c'est la dcompensation de la personnalit? qui pr?dispose ? l'apparition de pathologies sur l'axe I. Bien qu'une grande partie de l'atteinte thymique et anxieuse soit actuellement rsorböse, il persiste une fragilit? de la personnalit? qui contribue ? un sentiment de dsarroi profond subjectif, des troubles identitaires, une difficult? ? se situer au niveau relationnel ainsi que professionnel.

6 Coh?rence

6.5 Est-ce que le tableau clinique est coh?rent, compte tenu du ou des diagnostic(s) retenu(s) ou y a-t-il des atypies

Les diagnostics retenus, notamment celui concernant le trouble de la personnalit? dcompens, sont responsables de l'existence de sympt?mes psychiatriques incapacitants qui rendent le tableau clinique coh?rent dans son ensemble. Cependant, il existe aussi une attitude r?gress?e de l'expertis, sur un versant dpendant, contraire ? son fonctionnement habituel durant le reste de sa vie, de nature compensatrice, dans laquelle il cherche ? s'appuyer sur autrui plut?t qu'? mobiliser toutes ses ressources de mani?re spontan?e pour se rins?rer et travailler dans l'?conomie. Ainsi, depuis que l'assur? a connu une r?mission significative de son État psychique vers le milieu de l'ann?e 2011, il aurait d mieux collaborer avec le processus r?habilitatif et les soins qui lui ont ?t? propos?s.

6.6 Est-ce que ce qui est connu de l'?volution correspond ? ce qui est attendu pour le ou les diagnostic(s) retenu(s)

L'?volution du tableau est habituelle pour les personnes atteintes d'un trouble de la personnalit? dcompens? de type borderline. Cette pathologie implique des fluctuations r?guli?res de l'humeur et sur le plan anxieux avec des r?missions qui peuvent ätre assez rapides, m?me en l'absence d'un traitement antidpressif durable.

6.7 Est-ce qu'il y a des discordances entre les plaintes et le comportement de l'assur?(e), entre les limitations all?gues et ce qui est connu des activit?s et de la vie quotidienne de l'assur?(e)

Il n'y a pas de discordance entre les plaintes et le comportement de l'assur? en cours d'entretien ou avec les limitations all?gues. L'expertis? parle librement de ses activit?s de loisirs et de ses relations sociales. Il ne se montre nullement dmonstratif. Contrairement ? ce qui a ?t? sugg?r? dans le dossier, une attitude revendicatrice ou sinistrosique n'est pas en avant-scne.

6.8 Est-ce que l'int?ress?(e) s'est engag?(e) ou s'engage dans les traitements qui sont raisonnablement exigibles et possiblement efficaces dans son cas ou n'a-t-il (elle) que peu ou pas de demande de soins

M. D.__ est suivi en psychiatrie depuis 2007. Toutefois ce suivi est tr?s espac? actuellement. Les faibles taux plasmatiques des psychotropes rendent possible l'existence d'une compliance partielle.

L'expertis? se montre motiv? pour une prise en charge psychiatrique durable et investie ainsi que tenter un remplacement du traitement psychotrope actuel par un traitement antidpresseur.

7 Personnalit?

[ ]

7.7 Le cas ?chant, quelle est l'influence de ce trouble de personnalit? ou de ces traits de personnalit? pathologiques sur les limitations ?ventuelles et sur l'?volution des troubles de la personne en cause

Au stade actuel, c'est surtout le trouble de la personnalit? dcompens? qui induit des limitations fonctionnelles risquant de persister pendant de nombreuses annes. Parmi ces limitations, il y a lieu de retenir surtout :

- La fragilit? thymique avec des fluctuations de l'humeur ainsi que de l'anxi?t, des ?l?ments relativement mineurs dans la vie relationnelle de M. D.__ peuvent avoir une rpercussion significative ? ce niveau.

- L'expertis? peut se montrer irritable, col?rique, voire explosif, tenant compte de sa tendance impulsive et de sa difficult? ? g?rer les frustrations.

- De mani?re g?n?rale, on peut estimer que sa r?sistance face au stress parait l?g?rement diminu?e.

- L'assur? a tendance au surinvestissement, ? ne pas connaitre ses limites, ? les dpasser jusqu'? l'?puisement.

- La tendance excessivement exigeante de l'explor? envers lui-m?me conduit, lorsque les r?sultats escompt?s subjectivement ne sont pas atteints, ? une attitude de dvalorisation, ? une perte de confiance.

- Comme indiqu? supra, paradoxalement, l'expertis? risque par son attitude d'auto-sabotage, de ne pas maintenir un emploi qui lui serait particuli?rement adapt?.

7.8 L'assur?(e) se montre-t-il (elle) authentique ou y a-t-il des signes d'exag?ration des sympt?mes ou de simulation

L'attitude de M. D.__ semble ätre plut?t authentique, sans tendance ostentatrice quelconque. Il n'y a pas de simulation, ni d'exag?ration des troubles. L'expertis? se sent en effet incompris de mani?re g?n?rale dans la soci?t, voire victime de celle-ci. De son point de vue, il a toujours tout fait, voire trop fait pour les autres. Il y a une attente inconsciente de compensation pour ce surinvestissement.

8 Ressources

Quelles sont les ressources r?siduelles de l'assur? sur les plans

d) Psychique

e) Mental

L'expertis? a dj? connu une r?mission significative de ses sympt?mes thymiques et anxieux. Il existe une r?serve th?rapeutique sous forme d'un traitement antidpressif qui pourrait s'av?rer plus appropri? pour les pathologies de l'assur? qu'un traitement d'Amphältamines. M. D.__ est ?galement ouvert ? une prise en charge r?guli?re et de longue dur?e sur le plan psychiatrique et psychoth?rapeutique. Il y a aussi une motivation pour exercer une activit? professionnelle dans l'ancien m?tier. Le fait de retrouver ses rep?res identitaires serait b?n?fique pour M. D.__.

f) Social

L'explor? signale d'excellentes relations avec sa m?re et son fr?re cadet. Par ailleurs, il dispose d'un r?seau social d'amis avec lesquels il partage sa passion pour la musique. De mani?re g?n?rale, son caract?re sociable lui permet de nouer ais?ment des relations. En l'absence d'une relation affective actuellement, il y a moins de risque de dcompensation thymique. Rien n'est toutefois s?r pour l'avenir.

Un sevrage tabagique serait b?n?fique pour l'affection respiratoire dont souffre M. D.__.

B. Appr?ciation du point de vue de la müdecine des assurances

1. Caract?re incapacitant ou non des diagnostics retenus

[ ]

1.6 Interactions des diagnostics [ ].

Le trouble de la personnalit? de type limite associ? ? des traits perfectionnistes induit des fluctuations sur le plan thymique et anxieux lors d'une exposition ? des facteurs de stress ?motionnel. Comme expliqu? ci-dessus, une telle situation est survenue surtout ? partir de 2008 et au courant de l'ann?e 2010 lors de laquelle l'expertis? a pr?sent? une dcompensation thymique majeure. Cette dcompensation, ? caract?re ractionnel, pourrait de nouveau survenir ? l'avenir et avoir un impact sur la capacit? de travail.

Les diagnostics retenus par l'expert R.__ et les psychiatres traitants ne sont que partiellement avalis?s par le pr?sent rapport.

Le Dr R.__ ne retient aucun diagnostic incapacitant au-del? de 6 mois dans le cadre d'un trouble de l'adaptation. Bien qu'il reconnaisse un trouble de la personnalit? limite et une immaturit, il n'accorde pas d'importance ? ce trouble et n'analyse pas son impact sur la dcompensation de 2010. Cette approche superficielle dissocie les ?vnements importants dans la vie ?motionnelle de M. D.__ de ses troubles et ne permet pas de comprendre les raisons de l'apparition de la psychopathologie sur l'axe I ni de se prononcer sur le pronostic.

Quant au diagnostic de THADA, le Dr R.__ l'estime ? probable ? sans aucune argumentation plus pr?cise et sans dtailler les ?ventuelles rpercussions fonctionnelles.

Ne pas approfondir la personnalit? particuli?re de l'expertis, son ducation, sa motivation et les raisons de son État r?gress? aboutit chez le premier expert ? des conclusions critiques et inappropries envers M. D.__ qu'il considre ? se lover dans son statut d'assist ?.

En ce qui concerne les psychiatres traitants, ils n'ont pas non plus abord suffisamment la personnalit? et se sont fix?s sur des diagnostics erron?s, THADA et personnalit? anankastique.

Cette erreur d'appr?ciation s'explique aussi ?ventuellement par le suivi tr?s espac? de l'assur? et les changements de th?rapeutes. En tout, il a probablement contribu? ? l'efficacit? relative des soins et ? une estimation exag?r?e de l'incapacit? de travail totale pour une dur?e excessive.

2. Limitations (qualitatives et quantitatives) en relation avec les atteintes constates

[2].3 Au plan psychique et mental

L'État psychique de l'explor? n'est pas encore totalement stabilis?. M. D.__ indique des fluctuations occasionnelles de cet État dans lequel il se sent fatigu, voire parfois ?puis, et pr?sente des troubles cognitifs, surtout de la concentration. Exposé ? un stress suppl?mentaire, notamment professionnel, il se peut que ces troubles s'aggravent. Toutefois, il y a de bonnes chances pour que la plupart de ces troubles diminuent avec un traitement antidpressif correctement administr?.

[2].4 Au plan social

L'assur? est plus sensible qu'autrefois ? la critique d'autrui, sans pr?senter une v?ritable inhibition sociale et ne craint pas le contact avec le public ou des inconnus.

3. Influence des atteintes sur l'activit? exerc?e jusqu'ici

3.6 Comment agissent ces atteintes sur l'activit? exerc?e jusqu'ici

Le trouble de la personnalit? est de nature ? affecter lorsqu'il est dcompens? toute activit? professionnelle ? cause de l'instabilit? qu'il induit dans le fonctionnement global de la personne. En particulier, dans le cas de M. D.__, on ne peut pas exclure une dcompensation psychique future. L'activit? de chauffeur poids lourd n?cessite une concentration et une attention soutenues. Il est possible que l'expertis? connaisse des difficult?s sur ce plan s'il se trouve ? nouveau dans un État d'?puisement et d'anxi?t? pathologique.

3.7 Description pr?cise de la capacit? r?siduelle de travail (ressources r?siduelles et limitations fonctionnelles)

Actuellement, en cas d'utilisation de la r?serve th?rapeutique, il existe une capacit? r?siduelle de travail d'au moins 70%. L'expertis? doit dans ce sens adh?rer ? une prise en charge psychiatrique et psychoth?rapeutique et b?n?ficier d'un traitement antidpressif ? la place du traitement d'Amphältamines et de Pr?gabaline. Dans ce cas, une activit? de chauffeur est compatible avec l'État psychique de l'assur, ? condition qu'elle soit structur?e et que M. D.__ ne puisse pas effectuer de nombreuses heures suppl?mentaires comme dans le pass?. Idalement, une activit? fractionn?e en 2 p?riodes avec une pause au milieu serait pr?f?rable. L'explor? signale se sentir au plus profond de lui-m?me chauffeur. Il serait ainsi utile qu'il puisse rester dans ce domaine plut?t qu'ätre reconverti dans un m?tier diff?rent. Cependant, il a dj? exerc? plusieurs m?tiers, se lassant rapidement des places de travail qu'il occupait.

3.8 L'activit? exerc?e jusqu'ici est-elle encore exigible Si oui, dans quelle mesure (heures par jour), diminution de rendement incluse

L'activit? exerc?e jusqu'ici est encore exigible. M. D.__ estime qu'il pourrait travailler en tant que chauffeur de bus aux transports publics ? I.__. Toute activit? de chauffeur, de nature structur?e, lui parait compatible avec son État psychique. Il existe une exigibilit? d'au moins 70%.

3.9 Depuis quand, au point de vue m?dical, y a-t-il une incapacit? de travail de 20% au moins, diminution de rendement comprise

Une incapacit? de travail enti?re existe depuis le 26.07.2010 sur le plan psychiatrique. Le rendement ?tait dans cette premi?re phase totalement diminu?.

Une capacit? de travail significative, qui peut ätre estim?e entre 70 et 100% exigible ? partir de 2012, n'a pas pu ätre actualis?e. La collaboration insuffisante de M. D.__ ? l'?poque fait partie des raisons de cet ?chec. En effet, il semble que M. D.__, envahi alors par un sentiment de ras-le-bol g?n?ral, n'ait pas souhait? donner suite ? la proposition de r?habilitation de l'assurance-invalidit? dans un domaine qui ne lui paraissait pas int?ressant et ne correspondait pas ? son profil. Il a pr?f?r? depuis lors s'investir plut?t dans ses activit?s musicales dans l'espoir de gagner sa vie dans ce domaine mais sans percevoir dans la pratique des sommes significatives. Aucun indice n'indique que l'État clinique de l'explor? l'aurait emp?ch? ? partir de 2012 ainsi que plus tard d'accder ? des mesures de r?habilitation.

3.10 Comment le degr? d'incapacit? de travail, y compris une ?ventuelle diminution de rendement, a-t-il ?volu? depuis lors

Le dossier m?dical signale une am?lioration de l'État psychique dj? au dbut de l'ann?e 2011. Cependant, l'État ne semble pas compl?tement stabilis, ce qui est d'ailleurs pr?visible en pr?sence d'un trouble de la personnalit? de type limite dcompens?. En effet, au mois de f?vrier 2011, l'expertis? commet un tentamen grave. Au mois de juillet 2011, l'État dpressif conna?t ? nouveau une r?mission significative. Il semble ainsi que la p?riode d'incapacit? significative n'ait pas dur? une ann?e enti?re en 2010-2011. Des mesures de r?habilitation sont envisages au mois de mars 2012. Un traitement de SERTRALINE est ? nouveau administr? ? une dose importante au mois de mai 2012. Ceci prouve que l'État clinique n'?tait pas encore suffisamment stable, ou qu'une r?cidive du trouble de l'adaptation est survenue. Il n'y a pourtant pas d'indices pour attribuer une incapacit? totale et durable de juillet 2010 jusqu'? la fin de l'ann?e 2012. Au mois de mars 2013, l'expert, le Dr R.__, constate que l'État clinique est plut?t rassurant.

Dans l'ensemble, on note un premier trouble de l'adaptation en juillet 2010 avec une forte dstabilisation psychique ayant un impact sur la capacit? de travail durant plusieurs mois mais probablement pour une p?riode inf?rieure ? une ann?e. Par la suite, une am?lioration clinique a permis ? partir du mois de mars 2012 d'envisager des mesures de r?habilitation avec lesquelles l'assur? ne s'est pas montr? compliant. Il est possible qu'? cette p?riode M. D.__ b?n?ficiait dj? d'une capacit? de travail significative de l'ordre de 70% au moins. Un trouble de l'adaptation est ? nouveau possible en mai 2012 mais il ne durera pas longtemps car en mars 2013, si l'on se fie au status du Dr R.__, il semble en r?mission. La capacit? de travail vers le dbut de l'ann?e 2013 devait ? nouveau se situer entre 70 et 100%.

4. D'autres activit?s sont-elles exigibles de la part de l'assur?(e)

[ ]

Comme indiqu? ci-dessus, l'expertis? est tr?s polyvalent et pourrait exercer de nombreux m?tiers manuels. Cependant, son identit? professionnelle est dans le domaine de la conduite de vhicules lourds et rien ne l'emp?che de travailler dans ce domaine. Par ailleurs, il aimerait travailler ? temps partiel afin de pouvoir s'?panouir dans le domaine musical qui le passionne.

4.5 Si oui, ? quels crit?res m?dicaux le poste de travail doit-il satisfaire, et de quoi faut-il tenir compte dans le cadre d'une autre activit?

Quelles sont les limitations fonctionnelles

Un travail qui implique de nombreuses heures suppl?mentaires n'est pas compatible avec le trouble de la personnalit? de l'expertis?. Un travail structur, avec des plages-horaire bien dfinies, tel qu'aupr?s des transports publics d'une ville, est compatible et souhait? par l'assur?.

Cependant, il se peut que M. D.__, de par sa structure de personnalit? limite, ait besoin de changer p?riodiquement de place de travail, m?me quand celle-ci est parfaitement convenable.

4.6 Dans quelle mesure l'activit? adapt?e ? l'invalidit? peut-elle ätre exerc?e (par exemple heures par jour), diminution de rendement comprise Depuis quand

Une activit? de chauffeur peut ätre exerc?e ? un pourcentage significatif d'au moins 70%. Il se peut que pendant de longues p?riodes l'expertis? puisse aussi travailler ? plein temps mais, dans la dur?e, il est ? craindre qu'il connaitra encore des p?riodes de dcompensation qui rduiront de mani?re transitoire sa capacit? de travail.

4.7 Quelle a ?t? l'?volution de la capacit? de travail de l'assur?(e) dans une activit? adapt?e

M. D.__ n'a pas travaill? depuis juillet 2010. Il aurait d'un point de vue m?dico-th?orique pu travailler ds le dbut de l'ann?e 2012 ? un taux d'au moins 70%.

[ ]

5. Mesures th?rapeutiques

5.5 Description des traitements mis en ?uvre, de leur droulement et de leur r?sultat

Apr?s l'?chec de 3 traitements antidpressifs, le traitement consiste depuis 4 ans en l'administration de RITALINE associ?e ? du LYRICA. Des doutes quant ? une adh?sion parfaite au traitement psychotrope sont l?gitimes mais l'indication de ce traitement peut aussi ätre remise en cause. L'investigu? dit se sentir tendu avec le traitement stimulant d'Amphältamines et a besoin du LYRICA pour son effet calmant. Certains sympt?mes dcrits par l'explor? pourraient correspondre ? des effets secondaires de son traitement. Par ailleurs, il est toujours fragile sur le plan psychologique en l'absence de soins psychoth?rapeutiques appropri?s. Il est fort probable qu'un traitement antidpressif soit de nature ? mieux le stabiliser.

5.6 Ces traitements ?taient-ils adQuadrats au regard de la situation donn?e

Si le diagnostic de TDAH ?tait correct, le traitement administr? pourrait ätre estim? appropri?. La pr?sente expertise conclut ? une erreur de diagnostic et par cons?quent ? une inadQuadration du traitement.

[ ]

5.8 Propositions th?rapeutiques Sont-elles exigibles

L'insuffisance d'efficacit? du traitement dcoule du fait que la pathologie de base n'est pas correctement diagnostiqu?e. Il existe des doutes quant ? la compliance m?dicamenteuse. Administrer un traitement antidpressif et soigner le trouble de la personnalit? seraient les options ? choisir. Des contrles plasmatiques seraient utiles.

[ ]

7 Des mesures, notamment th?rapeutiques ou de radaptation professionnelle, sont-elles susceptibles d'am?liorer la capacit? de travail (ou le rendement) dans l'activit? exerc?e jusqu'? pr?sent ou dans l'activit? adapt?e, cas ?chant, lesquelles Si non, pour quelles raisons

A ce stade, l'expertis? n'a pas adh?r? aux mesures de radaptation professionnelle qui lui ont ?t? proposes ? 2 reprises durant l'ann?e 2012. Il n'a pas non plus trouv? particuli?rement utile le suivi psychoth?rapeutique aupr?s de l'UPA. Cependant, tenant compte de la fragilit? affective de M. D.__, de son besoin d'encadrement, de son attitude r?gress?e, il y a plus de chances qu'il puisse travailler dans l'?conomie du march? s'il est coach? par l'assurance-invalidit?. En effet, apr?s plus de 6 ans hors march? de l'emploi, il est fort probable que l'acc?s de l'assur? ? un emploi dans l'?conomie du march? ne soit pas ais?.

Des mesures de coaching par la division de r?habilitation, dans une activit? de chauffeur par exemple, peuvent aussi aider M. D.__ ? lutter contre son sentiment de victimisation et d'exclusion.

C. Synth?se, pronostic et conclusions

[ ]

Le pronostic est en principe favorable. M. D.__ se montre authentique, motiv? pour la reprise d'un emploi, il aime toujours son m?tier de camionneur et a m?me une ide pr?cise de la place qu'il esp?re occuper comme chauffeur en ville d'I.__. Bien qu'il n'ait pas adh?r? jusqu'ici aux mesures de r?habilitation pr?conises en 2012, il semble utile de les lui proposer encore une fois pour se rins?rer dans l'activit? exerc?e auparavant. L'attitude psychologique de l'explor? et son sentiment d'avoir trop fait pour les autres, d'ätre victime de cette situation pourraient trouver une certaine r?paration par le biais d'un coaching en sa faveur.

Il y a de bonnes chances que l'expertis? puisse r?cup?rer une capacit? de travail significative, au moins de 70% et allant jusqu'? 100%, sans baisse de rendement, dans son ancien m?tier, ds la mise en place des mesures th?rapeutiques indiques et des mesures de r?habilitation accompagnantes. Afin de laisser le temps ? ce processus d'agir, on peut estimer que la mise en place des mesures m?dicales et r?habilitatives pourra dmarrer ? partir du 01.03.2017.

Tenant compte du trouble de la personnalit? qui pourrait ätre mieux stabilis? avec des soins psychoth?rapeutiques et psychopharmacologiques mais qui risque de persister durant toute la vie, il n'est pas exclu que l'assur? pr?sente encore des dcompensations significatives dans les annes ? venir avec une rpercussion sur la capacit? de travail."

Se dterminant le 23 f?vrier 2017, l’OAI renvoie ? un avis de la veille du Dr AA.__ du SMR soulevant diverses interrogations quant ? l’?valuation de la capacit? de travail, le changement de m?dication et le caract?re adapt? de l’activit? habituelle ou future, tels qu’?valu?s par l’expert Y.__.

Prenant position le 6 mars 2017, le recourant se r?f?re aux documents suivants:

- un rapport non dat? ?tabli par la psychologue CC.__ cons?cutivement ? des tests psychologiques ralis?s en aoùt 2014, ?voquant un fonctionnement clairement psychotique, passablement perturb, avec m?me par moment quelque chose de l’ordre d’un fonctionnement schizophr?nique, malgr? des dfenses r?p?tes et importantes du registre maniaque et du registre paranoaque qui peinaient ? contenir la pouss?e des angoisses archa?ques;

- un rapport du 15 f?vrier 2017 des Drs L.__ et BB.__, cheffe de clinique adjointe ? l’UPA d’I.__, ?cartant le diagnostic de trouble de l’adaptation dont il ?tait peu probable qu’il se soit prolong? durant les sept ans de suivi ? l’UPA, indiquant que le patient pr?sentait en dcembre 2014 une nature angoiss?e avec un fonctionnement psychotique, un trouble de la personnalit? de type borderline et ?vitant ainsi qu’un trouble dpressif r?current actuellement en r?mission, relevant que, dans le cadre de son trouble de la personnalit? et son v?cu d’abandon, l’assur? avait eu de la peine ? s’investir dans un suivi psychoth?rapeutique ? l’UPA où existait un changement p?riodique de th?rapeute, et pr?cisant qu’un arr?t de la m?dication de Ritaline et Lyrica s’?tait sold par une demande de reprise du traitement par le patient vu les effets b?n?fiques; pour les müdecins de l’UPA, l’exigibilit? fix?e par l’expert Y.__ ? 70% ds le 1er mars 2016 [recte: 2017] ?tait en outre trop optimiste au vu du diagnostic de trouble de la personnalit? dcompens? et d’agoraphobie avec trouble panique.

Aux termes d’un compl?ment d’expertise du 2 juin 2017, le Dr Y.__ a pr?cis? ce qui suit:

"COMMENTAIRES SUR LES NOUVEAUX DOCUMENTS JOINTS AU DOSSIER

[ ]

Le rapport des psychiatres traitants du 15 f?vrier 2017 et l'examen psychologique joint d'aoùt 2014 m?ritent les commentaires suivants :

a. Les psychiatres traitants estiment qu'un trouble de l'adaptation ne peut pas durer sept ans. En effet, la p?riode de dcompensation globale n'a pas dur? sept ans. L'expertis? a pr?sent? un trouble de l'adaptation pendant l'?t? 2010 et une partie de l'ann?e 2011. Il est possible que son tentamen de f?vrier 2011 fasse partie de cet ?pisode. Il n'est pas prouv? que le tentamen de mai 2012 corresponde ? un État de dcompensation durable. Si tel ?tait le cas, le dossier aurait ?t? plus explicite sur cet ?pisode. En tout cas, en 2013, lors de l'expertise du Dr R.__, un trouble significatif de nature thymique-anxieuse ne fait plus partie du tableau. Des dcompensations thymiques majeures ne sont pas signales depuis 2013 et l'on peut m?me douter de l'existence de troubles de l'adaptation au-del? de quelques jours ou quelques semaines.

Ainsi, non seulement le trouble principal de l'axe I n'a pas dur? sept ans, il a peut-ätre dur? moins d'un an pour l'ensemble de ces derni?res sept annes. C'est le trouble de la personnalit? sous-jacente qui a dtermin? son caract?re r?cidivant.

Les psychiatres traitants confirment que le trouble dpressif est en r?mission, semble-t-il dj? depuis dcembre 2014 au moins. Ils signalent un patient angoiss?? mais pas dprim?, ce qui colle parfaitement avec les diagnostics de troubles anxieux attribu?s.

b. Ils ?voquent ?un fonctionnement clairement psychotique?. Cet ?l?ment est fortement sugg?r? par le rapport psychologique de 2014 qui manquait dans le dossier qui nous a ?t? fourni initialement. Ce rapport parle de ?menaces diffuses, qui, par moment, tombent m?me dans quelque chose de franchement paranoaque?. L'expertis? fait preuve d'une interprÉtativit? pathologique comme de ?dfenses de type maniaque et paranoaque?. La psychologue va jusqu'? sugg?rer l'existence d'un trouble schizophr?nique, elle se pose la question de l'existence ?d'une psychose mixte ou d'une psychose schizo-affective?.

Au moment de l'examen psychologique d'aoùt 2014, comme l'indique le rapport de l'UPA de juillet 2014, M. D.__ ?tait au b?n?fice d'un traitement amphältaminique de RITALINE SR, ? raison de 40 mg/j. Il n'a pas b?n?fici? d'un traitement neuroleptique qui aurait ?t? plus indiqu? pour ses troubles psychotiques. En effet, l'on peut se poser la question avec le recul si ce n'est pas le traitement amphältaminique qui a renforc? indirectement les ?l?ments paranoaques. Il est ? noter que lors de l'expertise de f?vrier 2017, l'expertis? pr?sentait un taux presque imperceptible de RITALINE et des sympt?mes paranoaques ou schizophr?niformes ?taient absents.

c. ?Le trouble de la personnalit? et le v?cu d'abandon ont emp?ch? M. D.__ de s'investir dans un suivi psychoth?rapique ? l'UPA?. Cette conjecture n'est appuy?e par aucun ?l?ment objectif. On lit apr?s que les th?rapeutes changent p?riodiquement? ? l'UAP [sic]. On peut admettre que ce cadre n'?tait pas adapt? au profil de personnalit? de M. D.__ et se demander pourquoi l'UPA n'a pas adress? ce patient ? un psychiatre install? pour un suivi de longue dur?e.

d. On apprend aussi que M. D.__ ? estimait qu'il allait beaucoup mieux ?. En m?me temps, on apprend par les th?rapeutes qu' ? il est dans l'?vitement et a tendance ? s'isoler chez lui ?. Le fait d'aller mieux et de s'isoler ne vont pas de pair, mais cela ne correspond pas non plus au style de vie de M. D.__ qui a maintenu une vie sociale et des loisirs vari?s. Cela va dans le sens de mon rapport qui situe la fin de la dcompensation ? l'ann?e 2012 avec une r?mission significative par la suite. La faible adh?sion au suivi psychoth?rapeutique de l'expertis, voire sur le plan m?dicamenteux, trouve ainsi une explication plus simple : le traitement n'?tait plus n?cessaire sur le plan clinique d'autant plus qu'il ?tait erron?.

e. S'il a ?t? difficile d'arr?ter le traitement de RITALINE comme le soutiennent les soignants, cela ne fut pas le cas lors de l'examen psychiatrique du 17 janvier 2017. L'explor? n'a alors manifest aucun attachement ? ce m?dicament qu'il considrait anxiogne et sans effet suffisant sur son État psychique.

f. Les psychiatres traitants n'?voquent aucune limitation fonctionnelle valable en faveur du maintien d'une incapacit? de travail ? 100% et ? l'appui de l'exclusion d'une radaptation.

REPONSES AUX QUESTIONS POSEES PAR LE SMR ET L'AVOCAT DE PROCAP

1. Comment la capacit? de travail peut-elle ätre estim?e ? au moins 70% en augmentant jusqu'? 100%, sans baisse de rendement, sous r?serve de la mise en place des mesures th?rapeutiques pr?conises et une capacit? de travail m?dico-th?orique ? 70% au moins ds 2012 dans l'activit? habituelle en l'absence du traitement pr?conis?

A la page 60 de mon rapport d'expertise, j'estime qu'une capacit? de travail m?dico-th?orique entre 70-100% aurait pu ätre actualis?e ds 2012. Il s'agit d'une considration purement th?orique car l'expertis? n'a pas travaill? depuis juillet 2010.

Cette appr?ciation, proche de celle de l'expert R.__, se base sur l'absence d'?l?ments cliniques en faveur de diagnostics gravement incapacitants, notamment sur l'axe I et des limitations fonctionnelles correspondantes. Comme indiqu? ci-dessus, la phase de dcompensation majeure a, en toute probabilit, ?t? surmont?e mi-2012, voire avant.

Plusieurs raisons peuvent ätre mentionnes en lien avec cet impossibilit? de mettre en exergue une capacit? de travail quelconque durant plusieurs annes et ce malgr? un attachement au m?tier de base de chauffeur. D'une part, on peut estimer que l'expertis? n'a pas ?t? soign? de mani?re optimale. Son diagnostic de THADA ?tait erron? et il a reu des traitements inutiles qui auraient m?me induit des effets secondaires g?nants. D'autre part, il n'a pas manifest une motivation suffisante au travail, ? la r?habilitation qu'il a ignor?e en 2012 et ? une prise en charge psychoth?rapique en ambulatoire ainsi qu'? domicile. Il ne s'agit pas d'une baisse de motivation dcoulant d'un État dpressif majeur persistant. Un tel État, s'il a eu lieu pendant une phase, n'a pas dur? longtemps. Il s'agirait plut?t d'un manque de motivation de la part d'une personne qui a ?t? prise en charge sur tous les plans et qui dans un esprit de victimisation plus ou moins conscient s'est complu dans ce status.

Pour le type d'affection dont souffre M. D.__, c'est surtout la relation th?rapeutique durable qui garantit un effet stabilisant. Il serait tr?s utile qu'il s'engage dans une telle prise en charge. En tout cas, cliniquement, il ne pr?sente pas de limitations fonctionnelles invalidantes et la question de la mise en place de mesures th?rapeutiques vise surtout ? favoriser sa radaptation et le maintien d'une place de travail sur le long terme.

2. Les b?n?fices attendus d'un traitement th?rapeutique non encore essay? sur une potentielle capacit? de travail peuvent-ils ätre assur?s

Comme expliqu? plus haut, on se trouve face ? un État dpressif en r?mission compl?te. Le traitement antidpressif tricyclique pr?conis? vise une stabilisation dans la dur?e plut?t qu'une r?mission de sympt?mes r?siduels importants.

Par ailleurs, l'État oisif et r?gressif dans lequel se trouve l'investigu? depuis sept ans n'est pas de nature ? renforcer son estime de lui. La mesure de radaptation aura ? titre subsidiaire un rle th?rapeutique de valorisation et de socialisation surtout si elle permet ? l'assur? de retrouver son identit? professionnelle perdue.

3. Est-il judicieux de remplacer le traitement actuel plut?t stimulant par un antidpresseur tricyclique poss?dant des propri?t?s s?datives en regard de l'activit? de chauffeur professionnel alors que l'assur? se plaint dj? d'une fatigue susceptible de g?n?rer une somnolence

Comme le dtaille mon rapport, le diagnostic et le traitement sont aberrants. Renoncer ? ces traitements diminuera les effets secondaires qui en dcoulent.

La gravit? de l'État dpressif (score de 6 sur l'?chelle de Hamilton) est minime. Il se peut qu'une fois le traitement d'amphältamines arr?t, le score baissera davantage. Un traitement antidpressif est ainsi propos? surtout pour soutenir M. D.__ face aux dfis qui l'attendent, sur le plan affectif comme professionnel.

Un traitement antidpressif peut dans cette indication ätre administr? ? la dose plut?t faible de 50 mg d'Amitriptyline qui n'a que tr?s rarement des effets secondaires pass?s les premiers jours du traitement. Il est aussi possible, selon l'?volution, que l'adjonction d'un traitement SSRI apr?s quelques jours de traitement tricyclique soit bien support?e et apporte une contribution stimulante.

4. L'activit? habituelle ou la future activit? envisag?e comme chauffeur de bus ? I.__ est-elle adapt?e si le diagnostic de trouble de la personnalit? borderline dcompens? devait ätre suivi

L'ide de travailler comme chauffeur de bus vient de l'assur? et pas de l'expert. La place de travail ? pr?coniser reste du ressort du service de radaptation de l'OAI.

L'expertis? est apte ? travailler dans plusieurs m?tiers manuels. Sa motivation principale est de travailler en tant que chauffeur. Dans la mesure du possible, le maintien d'un emploi dans ce secteur aura un impact identitaire favorable.

En soit [sic], le trouble de la personnalit? limite n'est pas en l'État une raison d'exclusion de toute activit?. Un pourcentage lev? de la population active pr?sente ce trouble et assume un emploi. Des rechutes p?riodiques repr?sentent le risque principal, mais elles ne signifient pas une invalidit? ni un risque pour l'assur? ou pour autrui.

[ ]

6. Avis quant ? un fonctionnement psychotique dcrit dans l'examen psychologique d'aoùt 2014 et quant ? un trouble de la personnalit? de type non seulement borderline mais aussi ?vitant ?mis par les psychiatres traitants.

L'examen psychiatrique du 17 f?vrier 2017 n'a pas mis en ?vidence des signes appartenant au registre psychotique. Il est ainsi en net dcalage avec l'examen psychologique de 2014. Comme indiqu? ci-dessus, il est possible que les amphältamines aient exacerb? des traits paranoaques dans une structure limite dcompens?e. Le taux de RITALINE ?tait infime lors de l'examen de 2017, ?l?ment qui appuie l'hypoth?se iatrogne de l'origine de ces sympt?mes.

Quant ? la question de la personnalit? ?vitante, il est ?tonnant de la trouver ? ce stade. Ce diagnostic n'a pas ?t? ?tabli par les psychiatres traitants dans le dossier fourni ? l'expert. [ ]

Sp?cifiquement, rien ne vient ? l'appui d'un diagnostic de l'axe II de personnalit? ?vitante. L'assur? a une vie sociale sans repli. Il partage sa passion de la musique avec ses amis (p. 34). Il visite son ex-compagne. Il demande ? travailler comme chauffeur de bus, activit? qu'un phobique social aurait pr?f?r? ?viter...

7. R?ponses aux doutes des psychiatres traitants quant ? la possibilit? de modifier la m?dication psychotrope et ? la faisabilit? d'une psychoth?rapie.

Un changement de m?dication apr?s maintes annes de traitement doit se faire dans une relation de confiance et dans le cadre d'un suivi r?gulier. Je pr?conise qu'il se fasse aupr?s d'un psychiatre install? et suffisamment chevronn? pour traiter les troubles de la personnalit?.

Il n'est pas certain que M. D.__ puisse poursuivre une prise en charge psychoth?rapique sur la dur?e n?cessaire. Toutefois, cette option serait favorable afin d'?viter un changement p?riodique de th?rapeute comme cela risque d'ätre le cas ? l'UPA.

8. Quelle r?ponse apporter aux psychiatres traitants qui jugent l'estimation de la capacit? de travail ? 70% ds le mois de mars 2017 trop optimiste vu les diagnostics de trouble de la personnalit? dcompens? et d'agoraphobie avec trouble panique

A la page 41 de mon rapport, il est indiqu? que le trouble panique et l'agoraphobie sont tr?s rares et leur impact fonctionnel infime. Quant au trouble de la personnalit? limite, dans sa gravit? actuelle, il est compatible avec un travail ? un taux significatif. Adh?rer ? un suivi psychoth?rapique sera dans l'int?r?t de la sant? de M. D.__ et dans la perspective du maintien d'un emploi.

Une mise en place rapide de mesures de radaptation en collaboration active avec l'OAI repr?sente un autre ?l?ment utile pour sortir M. D.__ de son État d'inactivit? avant que celui-ci ne se cristallise.

Le rapport suppl?mentaire fourni par les psychiatres traitants et le rapport psychologique de 2014 n'apportent pas de nouveaux ?l?ments pouvant modifier mon appr?ciation du cas. Au contraire, ils renforcent mon impression que l'authentique dcompensation incapacitante de 2010 a ?t? dlimite dans la dur?e. L'erreur de diagnostic et de traitement, comme de l'estimation de la capacit? de travail, ont rendu difficile la r?cup?ration d'une capacit? de travail. Il est ainsi urgent d'instaurer au plus vite une prise en charge adQuadrate associ?e ? des mesures de radaptation."

Par ?criture du 19 juillet 2017, le recourant fait valoir que l’expert Y.__ confirme implicitement une incapacit? totale de travailler de juillet 2010 jusqu’? mi-2012 au moins et qu’il semblerait que cette incapacit? ait ensuite ?t? prolong?e par une erreur de diagnostic et un traitement inadapt? ce qui justifie de lui reconnaätre ? tout le moins le droit ? une rente enti?re d’invalidit? allant de 2010 ? 2017. Il all?gue en outre que, selon les conclusions de l’expert psychiatre, il pr?sente une diminution de sa capacit? de travail dans l’activit? de chauffeur, si bien que sa perte de revenu doit ätre dtermin?e en vertu de la m?thode g?n?rale d’?valuation de l’invalidit?.

Par acte du 20 juillet 2017, l’OAI confirme sa position tout en renvoyant ? un avis SMR ?tabli le 26 juin pr?cdent par le Dr AA.__, dont les conclusions sont les suivantes:

"En synth?se, si nos interrogations relatives ? l’exigibilit? d’un changement de traitement et au caract?re adapt? ou non de l’activit? habituelle ou envisag?e sont maintenues, on peut admettre comme l’expert qu’il n’existe pas au dossier d’?l?ments m?dicaux objectifs permettant de justifier une incapacit? de travail de longue dur?e depuis 2012 au moins. Malgr? les divergences de diagnostic ou de traitement, qui ne concernent pas directement l’OAI, il confirme de fait les conclusions de l’instruction initiale."

E n d r o i t :

1. a) Les dispositions de la LPGA (loi f?drale du 6 octobre 2000 sur la partie g?n?rale du droit des assurances sociales ; RS 830.1) s’appliquent ? l’Al (cf. art. 1 LAI [loi f?drale du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidit? ; RS 831.20]). Les dcisions sur opposition et celles contre lesquelles la voie de l’opposition n’est pas ouverte ce qui est le cas des dcisions en mati?re d’AI (cf. art. 69 al. 1 let. a LAI) sont sujettes ? recours aupr?s du tribunal des assurances comp?tent (cf. art. 56, 58 LPGA et art. 69 al. 1 let. a LAI). Le recours doit ätre dpos? dans les trente jours suivant la notification de la dcision sujette ? recours (cf. art. 60 al. 1 LPGA).

En l'esp?ce, form? en temps utile selon les formes prescrites par la loi (cf. art. 61 let. b LPGA), le recours est recevable. Il y a donc lieu d'entrer en mati?re.

b) La LPA-VD (loi cantonale vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative ; RSV 173.36) s'applique aux recours et contestations par voie d'action dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 2 al. 1 let. c LPA-VD). La Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal est comp?tente pour statuer (cf. art. 93 let. a LPA-VD).

2. a) En tant qu'autorit? de recours contre des dcisions prises par des assureurs sociaux, le juge des assurances sociales ne peut, en principe, entrer en mati?re et le recourant pr?senter ses griefs que sur les points tranch?s par cette dcision; de surcroùt, dans le cadre de l'objet du litige, le juge ne v?rifie pas la validit? de la dcision attaqu?e dans son ensemble, mais se borne ? examiner les aspects de cette dcision que le recourant a critiqu?s, exception faite lorsque les points non critiqu?s ont des liens ?troits avec la question litigieuse (cf. ATF 125 V 413 consid. 2c et 110 V 48 consid. 4a ; cf. RCC 1985 p. 53).

b) En l'esp?ce, est litigieux le point de savoir si le recourant pr?sente, en raison d'une atteinte ? la sant, une diminution de sa capacit? de travail et de gain susceptible de lui ouvrir le droit ? des prestations de l'AI.

3. a) Est r?put?e invalidit? l'incapacit? de gain totale ou partielle qui est pr?sum?e permanente ou de longue dur?e, r?sultant d'une infirmit cong?nitale, d'une maladie ou d'un accident (cf. art. 8 al. 1 LPGA et art. 4 al. 1 LAI). Est r?put?e incapacit? de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des possibilit?s de gain de l'assur? sur un march? du travail ?quilibr? dans son domaine d'activit, si cette diminution r?sulte d'une atteinte ? sa sant? physique, mentale ou psychique et qu'elle persiste apr?s les traitements et les mesures de radaptation exigibles (cf. art. 7 LPGA). Quant ? l'incapacit? de travail, elle est dfinie comme toute perte, totale ou partielle, de l’aptitude de l’assur? ? accomplir dans sa profession ou son domaine d’activit? le travail qui peut raisonnablement ätre exig? de lui, si cette perte r?sulte d’une atteinte ? sa sant? physique, mentale ou psychique. En cas d’incapacit? de travail de longue dur?e, l’activit? qui peut ätre exig?e de l'assur? peut aussi relever d’une autre profession ou d’un autre domaine d’activit? (cf. art. 6 LPGA).

b) Les atteintes ? la sant? psychique peuvent, comme les atteintes physiques, entraner une invalidit? au sens de l’art. 4 al. 1 LAI en lien avec l’art. 8 LPGA. On ne considre pas comme des cons?quences d’un État psychique maladif, donc pas comme des affections ? prendre en charge par l’AI, les diminutions de la capacit? de gain que l’assur? pourrait emp?cher en faisant preuve de bonne volont?; la mesure de ce qui est exigible doit ätre dtermin?e aussi objectivement que possible (cf. art. 7 al. 2 phr. 2 LPGA ; cf. ATF 141 V 281 consid. 3.7.1, 127 V 294 consid. 4c in fine et 102 V 165 ; cf. VSI 2001 p. 224 consid. 2b et les r?f?rences cites). Avant tout, la reconnaissance de l’existence d’une atteinte ? la sant? psychique suppose la pr?sence d’un diagnostic ?manant d’un expert (psychiatre) et s’appuyant lege artis sur les crit?res d’un système de classification reconnu (cf. ATF 141 V 281 consid. 2.1 et 2.1.1 et 130 V 396 consid. 5.3 et 6).

4. a) Pour pouvoir calculer le degr? d'invalidit, l'administration (ou le juge, s'il y a eu un recours) a besoin de documents que le müdecin, ?ventuellement aussi d'autres sp?cialistes, doivent lui fournir. La t?che du müdecin consiste ? porter un jugement sur l'État de sant? et ? indiquer dans quelle mesure et pour quelles activit?s l'assur? est incapable de travailler. En outre, les donnes m?dicales constituent un ?l?ment utile pour dterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de l'assur? (cf. ATF 125 V 256 consid. 4 et 115 V 133 consid. 2; cf. TF 8C_406/2012 du 6 juin 2013 consid. 2 et les r?f?rences cites).

b) De jurisprudence constante, pour conf?rer pleine valeur probante ? un rapport m?dical, les points litigieux importants doivent avoir fait l'objet d'une ?tude circonstanci?e. Il faut encore que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne ?galement en considration les plaintes de la personne examin?e, qu'il ait ?t? ?tabli en pleine connaissance du dossier (anamn?se), que la description du contexte m?dical et l'appr?ciation de la situation m?dicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient bien motives. Au demeurant, l’?l?ment dterminant, pour la valeur probante, n’est ni l’origine du moyen de preuve, ni sa dsignation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (cf. ATF 134 V 231 consid. 5.1 et 125 V 351 consid. 3a avec la r?f?rence cit?e). Un rapport m?dical ne saurait au demeurant ätre ?cart? pour la simple et unique raison qu'il ?mane du müdecin traitant. Cependant, les constatations ?manant de müdecins consult?s par l'assur? doivent ätre admises avec r?serve ; il faut en effet tenir compte du fait que, de par la position de confidents privil?gi?s que leur conf?re leur mandat, les müdecins traitants ont g?n?ralement tendance ? se prononcer en faveur de leurs patients ; il convient ds lors en principe d'attacher plus de poids aux constatations d'un expert qu'? celles du müdecin traitant (cf. ATF 125 V 351 consid. 3b/cc et les r?f?rences cites ; cf. Pratique VSI 2001 p. 106 consid. 3b/bb et cc).

En principe, le juge ne s'?carte pas sans motifs imp?rieux des conclusions d'une expertise judiciaire, la t?che de l'expert ?tant pr?cis?ment de mettre ses connaissances sp?ciales ? la disposition de la justice afin de l'?clairer sur les aspects m?dicaux d'un État de fait donn?. Selon la jurisprudence, peut constituer une raison de s'?carter d'une expertise judiciaire le fait que celle-ci contient des contradictions, ou qu'une surexpertise ordonn?e par le tribunal en infirme les conclusions de mani?re convaincante. En outre, lorsque d'autres sp?cialistes ?mettent des opinions contraires aptes ? mettre s?rieusement en doute la pertinence des dductions de l'expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interprÉtation divergente des conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction compl?mentaire sous la forme d'une nouvelle expertise m?dicale (cf. ATF 125 V 351 consid. 3b/aa et les r?f?rences cites).

5. Sur le plan psychiatrique, l'OAI s’est fond sur les conclusions du Dr R.__ pour retenir que le recourant ne pr?sentait pas d’atteinte ? la sant? invalidante au sens de l’AI ce que l’assur? a contest? en se pr?valant de l’appr?ciation de ses müdecins traitants.

a) Aux termes de son rapport du 25 avril 2013, l’expert R.__ n’a retenu aucune atteinte psychique incapacitante. Il a en revanche pos? les diagnostics sans impact sur la capacit? de travail de probable THADA, de dysthymie, d’abus et/ou dpendance ?thylique, de non observance m?dicamenteuse (Cymbalta) et de personnalit? ? fonctionnement État limite, immaturit?. L’expert a en particulier observ? que si le recourant avait peut-ätre pr?sent? un trouble de l’adaptation avec humeur anxio-dpressive suite ? son licenciement, l’?volution ?tait marqu?e par un sujet assez revendicateur, avec une mauvaise compliance tant sur le plan th?rapeutique que m?dicamenteux. Il a ds lors conclu ? une pleine capacit? de travail m?dico-th?orique, soulignant notamment que le trouble de la personnalit? avec un fonctionnement État limite et une certaine immaturit? - ne relevait pas d’un trouble majeur de la personnalit? et que, si l’hypoth?se d’un THADA pouvait ?ventuellement ätre sugg?r?e, cela n’avait toutefois pas emp?ch? l’assur? de travailler jusqu’en 2010. L’expert a en outre signal? des limitations physiques sous forme d’une tendance aux somatisations ? polarit? digestive mais a relev, au plan psychique et mental, qu’il n’y avait pas de symptomatologie dpressivo-anxieuse majeure incapacitante. Sur cette base, l’expert R.__ a admis une capacit? de travail de 100% depuis le 1er avril 2011, soit six mois apr?s la fin des rapports de travail au 30 septembre 2010 (et non au 31 octobre 2010 tel que not? par erreur dans le rapport d’expertise), eu ?gard au trouble de l’adaptation (cf. rapport d’expertise du 25 avril 2013 pp. 18 ss).

b) Le Dr V.__, müdecin g?n?raliste, a indiqu? pour sa part que, si une rente d’invalidit? devait ätre octroy?e, ce serait pour des raisons psychiatriques (cf. rapports des 28 f?vrier et 5 septembre 2011).

Par ailleurs, ? la suite du Dr Z.__ qui avait diagnostiqu? le 13 aoùt 2010 un ?pisode dpressif moyen avec syndrome somatique (F32.11) et un trouble de la personnalit? anankastique (F60.5) probable, le Dr L.__ a tout d’abord diagnostiqu? le 6 janvier 2011 un ?pisode dpressif moyen avec syndrome somatique, avec des diagnostics diff?rentiels sous forme de trouble anxieux g?n?ralis, de trouble de l’adaptation dans un contexte de personnalit? anankastique (obsessionnelle), de difficult?s lies ? la situation sociale et de trouble bipolaire de type II. Puis, le 14 juillet 2011, ce müdecin a mentionn? les atteintes incapacitantes d’?pisode dpressif moyen avec syndrome somatique depuis fin 2010, de traits de personnalit? anankastique depuis 2007 et de possible trouble anxieux g?n?ralis? depuis 2007, considrant cependant que l’activit? exerc?e demeurait exigible m?dicalement et que les restrictions pr?sentes pourraient ätre rduites au moyen d’un suivi psychiatrique r?gulier et d’une meilleure observance m?dicamenteuse. Enfin, le 24 octobre 2011, le Dr L.__ a diagnostiqu? un ?pisode dpressif moyen avec syndrome somatique en r?mission, un trouble anxieux g?n?ralis, une personnalit? ? traits obsessionnels et anxieux, des difficult?s lies ? la situation sociale et des somatisations ?ventuelles, soulignant ? nouveau le non-respect du cadre psychoth?rapeutique par le patient.

Concernant la Dresse T.__, elle s’est tout d’abord exprim?e dans un rapport du 3 mai 2012, posant les diagnostics incapacitants d’anxi?t? g?n?ralis?e et de trouble hyperkin?tique avec perturbation de l’activit? et de l’attention pr?sents depuis l’enfance, signalant en outre des diagnostics sans impact sur la capacit? de travail sous forme de trouble dpressif r?current alors en r?mission et de traits de personnalit? anankastique remontant ? l’adolescence, et considrant finalement que l’activit? habituelle de chauffeur poids lourds ne pouvait plus ätre exerc?e mais que l’on pouvait envisager une activit? adapt?e ? un taux initialement rduit mais susceptible d’ätre augment? ult?rieurement. Le 15 aoùt 2013, la Dresse T.__ a ?tabli un nouveau compte-rendu dans lequel elle a diagnostiqu? un TDAH remontant ? l’enfance; elle a ajout? que l’?chelle de Hamilton utilis?e par l’expert R.__ se r?f?rait ? certains ?l?ments qui ?taient masqu?s par l’hyperactivit? ou le dficit d’attention, avec pour cons?quence que le score ?tait probablement inf?rieur ? la ralit?. La Dresse T.__ a considr? en outre que les crit?res n?cessaires pour poser le diagnostic d’anxi?t? g?n?ralis?e ?taient remplis; elle a ?galement pr?cis? que la perte de poids et l’anxi?t? ne permettaient qu’un faible dosage de la Riatline. Eu ?gard ? ces ?l?ments, elle a conclu ? une capacit? de travail nulle.

Quant ? la Dresse S.__, elle a ?tabli un rapport le 7 juillet 2014 abordant diff?rentes probl?matiques relatives tant ? l’existence d’un trouble de la personnalit? qu’au traitement de l’assur? et ? sa consommation d’alcool, ? son parcours de vie, ainsi qu’aux troubles ayant eu une rpercussion notable sur sa capacit? de travail depuis 2010. En premier lieu, la Dresse S.__ a dclar? avec certitude? que l’assur? souffrait d’un trouble de la personnalit, apr?s avoir rappel? les crit?res dvelopp?s ? cet ?gard par la Classification statistique internationale des maladies et des probl?mes de sant? connexes (CIM-10). Elle a relev? que diff?rents troubles de la personnalit? avaient ?t? diagnostiqu?s jusqu’alors et qu’? l’heure actuelle on constatait des traits de personnalit? davantage paranoaque qu’anankastique, ainsi que des traits de personnalit? dpendante, tous ces traits de personnalit? se rpercutant dans diff?rents domaines de la vie de l’assur? (cf. rapport du 7 juillet 2014 p. 1 ch. 1). La Dresse S.__ s’est par ailleurs exprim?e quant aux raisons probables d’une non-adh?rence au traitement antidpresseur telle que dmontr?e ? l’occasion de l’expertise du Dr R.__, ?voquant ? cet ?gard une absence de collaboration qui n’avait toutefois pas ?t? observ?e lors du suivi ? l’UPA, une probable conscience morbide partielle ou des oublis fr?quents en lien avec le diagnostic de THADA (cf. rapport du 7 juillet 2014 p. 2 ch. 2). La Dresse S.__ a ?galement retenu que le parcours professionnel instable du recourant pouvait ätre expliqu? par son trouble de la personnalit, ainsi que par les difficult?s rencontres du fait du THADA (cf. rapport du 7 juillet 2014 p. 2 ch. 3 et ch. 4). Enfin, la Dresse S.__ a considr? que l’incapacit? de travail survenue ? partir de 2010 et ? l’origine du pr?sent litige - devait ätre mise sur le compte d’une anxi?t? g?n?ralis?e compliqu?e, secondairement, d’un ?pisode dpressif s?v?re (cf. rapport du 7 juillet 2014 p. 2 ch. 4).

c) De ce qui pr?c?de, il ressort en particulier que des avis divergents ont ?t? ?mise quant aux effets d’un probable THADA et d’un trouble de la personnalit? sur la capacit? de travail du recourant. Afin de lever ces divergences, une expertise judiciaire a ?t? mise en ?uvre aupr?s de l’expert psychiatre Y.__, qui a rendu son rapport le 2 f?vrier 2017 puis l’a compl?t? le 2 juin 2017.

Au terme de son analyse du cas, l’expert Y.__ a ni? l’existence d’un THADA, concluant sur ce point ? une erreur de diagnostic et par cons?quent ? une inadQuadration du traitement. Il a en outre pos? les diagnostics avec impact sur la capacit? de travail de trouble de l’adaptation mixte avec anxi?t? et humeur dpressive, de trouble panique, d’agoraphobie et de personnalit? borderline dcompens?e, la dcompensation de la personnalit? de type borderline pr?disposant l’apparition des autres pathologies. Il a retenu que l’assur? avait pr?sent? une enti?re incapacit? de travail depuis le 26 juillet 2010 sur le plan psychiatrique, puis qu’une am?lioration ?tait survenue au dbut de l’ann?e 2011, suivie d’un tentamen grave en f?vrier 2011 et d’une r?mission significative ds juillet 2011 ainsi, la p?riode d’incapacit? significative n’avait pas dur? une ann?e enti?re en 2010/2011 et il n’y avait du reste pas d’indices pour reconnaätre une incapacit? totale et durable de juillet 2010 ? fin 2012, nonobstant un possible trouble de l’adaptation en mai 2012; l’expert R.__ avait en outre constat? un État clinique plut?t rassurant en mars 2013 permettant de fixer la capacit? de travail entre 70 et 100% ? l’?poque. Aussi pouvait-on conclure ? une capacit? de travail m?dico-th?orique de 70% depuis le dbut de l’ann?e 2012. L’expert Y.__ a plus sp?cifiquement pr?cis? que le recourant avait de bonnes chances de r?cup?rer une capacit? de travail significative d’au moins 70%, allant jusqu’? 100% dans son ancien m?tier ds la mise en place des mesures th?rapeutiques adQuadrates et des mesures de r?habilitation accompagnantes (cf. rapport d’expertise du 2 f?vrier 2017 pp 54 ? 66). Par la suite, ce sp?cialiste a encore indiqu? l’assur? avait surtout souffert de dcompensations transitoires et ractionnelles en lien avec son trouble de la personnalit?. Il a ajout? qu’il existait davantage d’indices en faveur d’un trouble de l’adaptation mixte que d’un v?ritable ?pisode dpressif majeur et que, si un trouble de l’adaptation ne pouvait certes pas durer sept ans comme l’avaient relev? les psychiatres traitants, il n’en demeurait pas moins que la p?riode de dcompensation globale n’avait pas dur? sept ans (l’expertis? ayant pr?sent? un tel trouble pendant l’?t? 2010 et une partie de l’ann?e 2011) et que c’?tait le trouble de la personnalit? sous-jacent qui avait dtermin? son caract?re r?cidivant. Le Dr Y.__ a de surcroùt soulign? que c’?tait surtout la relation th?rapeutique durable qui garantissait un effet stabilisant pour le type d’affection dont souffrait le recourant et que, cliniquement, l’assur? ne pr?sentait pas de limitations fonctionnelles invalidantes, la question de la mise en place de mesures th?rapeutiques visant surtout ? favoriser la radaptation et le maintien d’une place de travail sur le long terme (cf. compl?ment d’expertise du 2 juin 2017 pp 7 et 9).

A cela s’ajoute que dans le cadre de son expos, l’expert Y.__ a motiv? de mani?re dtaill?e les raisons pour lesquelles il s’?cartait de l’appr?ciation des psychiatres traitants y compris apr?s examen des rapports suppl?mentaires de la psychologue CC.__ (non dat?) et des Drs L.__ et BB.__ (15 f?vrier 2017), qui reprennent en substance la position dfendue jusqu’alors par les müdecins traitants comme de l’avis de l’expert R.__ (cf. rapport d’expertise du 2 f?vrier 2017 pp 38 ? 47 et 58 s. ; cf. rapport compl?mentaire du 2 juin 2017 pp 7 ? 12), pr?cisant nanmoins que son analyse de la capacit? r?siduelle de travail restait proche de celle de l’expert R.__ (cf. rapport compl?mentaire du 2 juin 2017 p. 9). Il a ?galement expos? de fa?on circonstanci?e en particulier dans son rapport compl?mentaire du 2 juin 2017 (pp 9 ? 12) la n?cessit? d’un changement dans la prise en charge du cas. A la lecture des autres ?valuations m?dicales au dossier, la Cour ne dtecte aucun ?l?ment dterminant qui aurait ?chapp? ? l’examen de l’expert Y.__ et qui serait susceptible de remettre en cause les conclusions de ce sp?cialiste. Aussi celles-ci doivent-elles ätre pr?f?res ? tout autre avis m?dical.

Par ailleurs, le rapport du Dr Y.__ est soigneusement ?labor, repose sur un examen complet du dossier m?dical, tient compte tant de l’anamn?se que des plaintes du recourant et contient des conclusions claires et dment motives. Il satisfait ainsi en tous points aux exigences jurisprudentielles pour se voir reconnaätre une pleine valeur probante (cf. consid. 4b supra).

Concernant plus particuli?rement l’adaptation dans la prise en charge du recourant telles que pr?conises par l’expert Y.__, sur laquelle repose l’enti?re capacit? de travail escompt?e par ce sp?cialiste, on rappellera que selon la jurisprudence (cf. ATF 113 V 28 consid. 4a et les r?f?rences), le principe de la radaptation par soi-m?me exige de l'assur? qu'il entreprenne de lui-m?me tout ce qui est convenable pour am?liorer sa capacit? de gain, en premier lieu par l'?puisement de toutes les possibilit?s de traitements; le fait que l'assur? ne satisfasse pas suffisamment ? son obligation de rduire le dommage peut ätre pris en considration et conduire au refus, total ou partiel, du droit ? une rente durable ou temporaire (cf. TFA I 404/05 du 19 septembre 2006 consid. 7).

Cela ?tant, il convient donc de retenir avec l’expert Y.__ que l’assur? ne pr?sente pas d’atteinte ? la sant? incapacitante sur le plan psychiatrique.

C’est par ailleurs en vain que le recourant a questionn? les comp?tences des müdecins du SMR ayant ?mis les avis m?dicaux des 16 janvier et 16 septembre 2014 (cf. m?moire de recours du 23 juin 2014 p. 7 et r?plique du 8 dcembre 2014 p. 2). A cet ?gard, il convient de lui faire remarquer que c’est bien sur la base de l’appr?ciation de sp?cialistes en psychiatrie (que ce soient ses psychiatres traitants, le Dr R.__ ou le Dr Y.__) que son cas a ?t? ?valu? sur le plan psychique, les rapports du SMR synthältisant les renseignements au dossier (tels les avis m?dicaux des 16 janvier et 16 septembre 2014) ne poursuivant pas le m?me but et n’?tant pas soumis aux m?mes exigences de forme (cf. consid. 4b supra).

6. a) Sur le plan somatique, le recourant s’est pr?valu de son État g?n?ral ?fortement dlabr, respectivement ?tr?s diminu, et d’un BMI tr?s nettement inf?rieur ? la norme (cf. m?moire de recours du 23 juin 2014 p. 7 et r?plique du 8 dcembre 2014 p. 3).

b) Les pi?ces au dossier ne contiennent toutefois aucun indice s?rieux susceptible d’?tayer la th?se du recourant quant au dclin de sa condition physique. A l’inverse, on rel?vera que dans son rapport du 28 f?vrier 2011 ?tabli en sa qualité de müdecin g?n?raliste traitant, le Dr V.__ a non seulement indiqu? que l’assur? ne pr?sentait pas de grosses pathologies somatiques, mais a ?galement exclu implicitement l’octroi d’une rente du fait de troubles physiques. Or, le recourant n’a produit aucun dbut de preuve susceptible de dmontrer le contraire. Ses simples all?gations, qui ne sont pas ?tablies, ne sauraient ds lors suffire ? elles seules pour emporter la conviction de la Cour de cans. S’il est par ailleurs constant que l’int?ress? a connu une perte de poids mentionn?e par diff?rents müdecins et que certaines investigations ont ?t? menes ? ce niveau (cf. notamment les rapports du Dr L.__ des 6 janvier p. 1 et 24 octobre 2011; cf. ?galement le rapport de la Dresse T.__ du 15 aoùt 2013 p. 2), les praticiens consult?s n’ont ? aucun moment ?voqu? l’existence d’une atteinte somatique sp?cifique et encore moins d’une atteinte somatique incapacitante; le seul fait que le Dr V.__ ait ?voqu? un BMI entre 17 et 18 n’y vient rien changer.

Par ailleurs et surtout, l’expert O.__ mandat? par la Cour de cans a retenu, ? l’issue d’un raisonnement m?dical clair et dment ?tay, que seule la bronchopneumopathie avait un impact sur la capacit? de travail en ce sens que le port de charges ?tait limit ? 25 kg de mani?re it?rative dans toute activit? et qu’il n’y avait ainsi pas d’incapacit? de travail sur le plan somatique (cf. rapport d’expertise du 17 dcembre 2016 sp?c. p. 21).

c) Cela ?tant, on ne peut que conclure ? l’absence d’atteinte incapacitante au niveau physique.

7. Au regard de ce qui pr?c?de, il s’impose de retenir que le recourant ne pr?sente aucune atteinte ? sa sant? psychique ou physique susceptible d’entraver sa capacit? de travail et de gain. C’est ds lors ? juste titre que le droit ? des prestations de l’AI lui a ?t? refus.

8. a) En conclusion, le recours, mal fond, doit ätre rejet? et la dcision attaqu?e confirm?e.

b) La procédure est on?reuse ; en principe, la partie dont les conclusions sont rejetes supporte les frais de procédure (cf. art. 69 al. 1bis LAI et 49 al. 1 LPA-VD, applicable par renvoi des art. 91 et 99 LPA-VD). Cependant, lorsqu'une partie a ?t? mise au b?n?fice de l’assistance judiciaire, les frais judiciaires, ainsi qu’une ?quitable indemnit? au conseil juridique dsign? d’office pour la procédure, sont support?s par le canton (cf. art. 122 al.1 let. a et b CPC [code de procédure civile du 19 dcembre 2008 ; RS 272], applicable par renvoi de l’art. 18 al. 5 LPA-VD). L'octroi de l’assistance judiciaire ne lib?re toutefois que provisoirement la partie qui en b?n?fice du paiement des frais judiciaires, celle-ci est en effet tenue au remboursement ds qu’elle est en mesure de le faire (cf. art. 123 al. 1 CPC, applicable par renvoi de l’art.18 al. 5 LPA-VD).

En l'esp?ce, compte tenu de l'ampleur de la procédure, les frais de justice doivent ätre arr?t?s ? 400 fr. et ätre mis ? la charge du recourant, qui succombe (cf. art. 49 al. 1 LPA-VD). Toutefois, ds lors que le recourant a ?t? mis au b?n?fice de l'assistance judiciaire, limite aux frais judiciaires, ces frais sont laiss?s provisoirement ? la charge de l'Etat.

Il n'y a en outre pas lieu d'allouer de dpens, le recourant n'obtenant pas gain de cause (cf. art. 55 al. 1 LPA-VD ; cf. art. 61 let. g LPGA).

Par ces motifs,

la Cour des assurances sociales

prononce:

I. Le recours est rejet?.

II. La dcision rendue le 20 mai 2014 par l’Office de l'assurance-invalidit? pour le canton de Vaud est confirm?e.

III. Les frais judiciaires, fix?s ? 400 fr. (quatre cents francs), sont provisoirement mis ? la charge de l’Etat.

IV. Le b?n?ficiaire de l’assistance judiciaire est, dans la mesure de l’art. 123 CPC applicable par renvoi de l’art. 18 al. 5 LPA-VD, tenu au remboursement des frais judiciaires mis ? la charge de l’Etat.

V. Il n’est pas allou? de dpens.

La pr?sidente: La greffi?re:


Du

L’arr?t qui pr?c?de, dont la r?daction a ?t? approuv?e ? huis clos, est notifi? ? :

Procap, Service juridique (pour D.__),

Office de l'assurance-invalidit? pour le canton de Vaud,

- Office f?dral des assurances sociales,

par l’envoi de photocopies.

Le pr?sent arr?t peut faire l’objet d’un recours en mati?re de droit public devant le Tribunal f?dral au sens des art. 82 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal f?dral; RS 173.110), cas ?chant d’un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent ätre dpos?s devant le Tribunal f?dral (Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne) dans les trente jours qui suivent la pr?sente notification (art. 100 al. 1 LTF).

La greffi?re :

Quelle: https://www.findinfo-tc.vd.ch/justice/findinfo-pub/internet/SimpleSearch.action

Bitte beachten Sie, dass keinen Anspruch auf Aktualität/Richtigkeit/Formatierung und/oder Vollständigkeit besteht und somit jegliche Gewährleistung entfällt. Die Original-Entscheide können Sie unter dem jeweiligen Gericht bestellen oder entnehmen.

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